Chevaucher son poney blanc.

vengeresseLa plupart du temps, je ne suis pas une victime.
La plupart du temps, j’ai suffisamment confiance en moi pour savoir m’imposer.
La plupart du temps, je ne suis pas le genre de personne à qui on va chercher des poux car on se doute grosso-modo de la manière dont on risque d’être reçu.
La plupart du temps, je chevauche mon cheval poney blanc pour voler au secours de la veuve et de l’orphelin injustement attaqués.

Évidemment, tout ça c’est quand je vais bien. Lorsque le spectre de la dépression et son habituelle fragilité plane sur mon être c’est plus difficile pour moi de me préserver (et la plupart du temps c’est ce moment-là que choisissent les gens qui aiment bien faire le mal). M’enfin on ne va pas en parler.

On va parler des moments où je suis vraiment moi.

Il m’arrive de marcher dans les rues de ma ville (si si), et comme je suis une femme, seule, jeune, blanche, je me fais alpaguer à peu près à chaque fois.
Je me souviens de ce gars complètement bourré  à l’épicerie du coin qui m’a lourdement draguée alors que je faisais mes courses. Je lui ai parlé tout à fait correctement mais absolument fermement, tant et si bien qu’il acheva la conversation par un lucide :
« Bon, bah j’ai aucune chance c’est ça ? »

Lorsque je rentre à pied de nuit aussi c’est folklo… La dernière fois je marchais derrière un gars. Il se retourne et me voit. Il décide donc de s’arrêter pour cracher (ouaisssss, glamouuur) et reprend sa marche lorsque je passe à son niveau.
Il me baragouine un truc que je n’ai même pas compris tellement j’en avais rien à foutre. Je l’ai juste regardé avec un grand sourire en lui balançant un très assuré « Non, merci, parce que je rentre chez moi là maintenant ! »

Je ne m’appesantirai pas sur les autres exemples, parce qu’il y en a trop, ce gars que j’ai engueulé car il m’avait sifflé en voiture par exemple. Je l’ai tellement pourri qu’il s’est excusé avec un air déboussolé. Non mais il était sérieux lui ?

Donc en gros, ce genre de nuisances, je les gère plutôt bien. C’est lorsque l’attaque est plus sournoise, affective ou jugeante, que j’ai plus de mal et que ça va me prendre plus de temps à digérer, mais j’y arrive aussi, avec le temps.

Mais lorsqu’il s’agit des autres, je suis souvent opérationnelle de suite !
Ces derniers jours je me suis retrouvée face à deux situations que j’ai trouvé très concrètement inadmissibles et j’ai ressorti mon canasson monochrome pour aller y mettre mon grain de sel (alors que généralement je ne suis pas une belliqueuse).

Le fait est que dans ces deux cas, une personne a cru bon juger quelqu’un en amorçant un mini scandale aussi stupide qu’irrespectueux…
Une fois envers une personne que j’aime et l’autre fois envers une cause pour laquelle je me sens concernée.
Pour la première j’ai répondu à l’agresseur à grand renfort de mots de plus de trois syllabes et en ne m’abaissant en aucun cas à sa méprisable méchanceté (ou rien qu’un peu, une fois par une seule petite allusion), pour la seconde je me suis plutôt empressée de rassurer l’agressée afin de la faire se rendre compte de l’incroyable incongruité de la situation (et en essayant même d’y mettre un peu d’humour… Détendre l’atmosphère toussa…).

Mais donc forcément je m’interroge.

Qu’est-ce qui pousse les gens à devenir si médiocrement méchants envers leurs semblables qui ne partagent pas la même façon de voir les choses qu’eux ?
A quel moment de leur vie se persuadent-ils que leur façon de faire est la seule valable et que tous ceux qui font autrement sont des incapables gros cons ?
D’où vient cette accoutumance au jugement, au mépris et à la comparaison mesquine ?

Mon poney et moi ne comprenons pas, et pourtant je n’ai franchement pas l’impression de vivre au pays des bisounours (la preuve, ce n’est pas une licorne que j’ai, mais un pauvre shetland avec le bas des pattes tout crotté…).

Je croyais juste en l’humanité moi…

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Published by Agoaye

Dans un univers parfait, Agoaye aurait Hugh Jackman pour boyfriend, un budget informatique/nouvelles technologies illimité et une carte haute-fidélité chez Lush…
Dans notre monde, la réalité est bien différente !

22 Comments

  • Emilia

    16 février 2016 at 9 h 17 min Répondre

    En fait je te le dis de go: le pb c’est d’avoir des principes et des valeurs dans une société qui les a tous vendu pour le dernier iPhone… Je suis moi-même une personne comme ca et je me heurte quotidiennement à l’égoïsme, la cruauté et la bêtise de l’individualisme. courage! Faut pas se laisser abattre

    • Agoaye

      17 février 2016 at 0 h 45 min Répondre

      J’ai l’avant-dernier Iphone, je peux y aller ? :)
      Non en réalité je pense que tu as raison, les médias, la consommation, le challenge perpétuel sont autant de raisons qui font que l’humanité est synonyme de faiblesse :/

  • Vanessa Mère Debordée

    16 février 2016 at 10 h 05 min Répondre

    C’est de plus en plus souvent ce genre de comportement, j’ai l’impression. Courage…

  • mubucaro

    16 février 2016 at 10 h 12 min Répondre

    malheureusement c’est devenue courant et quand on ose le pointer du doigt c’est là qu’on nous attaque …
    Mais je crois comme toi en l’être humain et même si on a pas de licornes on peut changer les choses à notre manière ; )

    • Agoaye

      17 février 2016 at 0 h 43 min Répondre

      Ouais mais une licorne ça aide ultimement quand même :))

  • Guillemette

    16 février 2016 at 10 h 23 min Répondre

    Énorme mystère… Je m’accroche aussi à mon petit poney (même si je suis un peu moins douée pour me défendre…), et je ne comprends vraiment pas les jugements, la méchanceté et l’attitude de certaines personnes. On se demande bien ce que ça leur apporte…
    Bravo de continuer à vous investir autant pour défendre les autres, même dans des périodes pas faciles :) ♥

    • Agoaye

      17 février 2016 at 0 h 43 min Répondre

      Je ne suis douée que quand je vais bien, et dans ces moments-là les gens le sentent et s’abstiennent !!! Du coup ça ne me sert pas à grand chose :)
      Et pareil pour l’investissement, c’est rare, seulement quand la cause me touche et ça arrive de moins en mois…

  • Aurore

    16 février 2016 at 10 h 35 min Répondre

    Le manque d’espace fait parti du problème. J’ai vécu à Paris et ailleurs et ça m’a frappé de voir qu’à partir du moment ou on a de l’espace pour soi en maison comme la pluspart des gens de la ville ou l’on vit, et de l’espace en ville (espace vert, en bord de mer etc.) tout le monde devient moins stressé et donc moins violent.
    Je pense que cette vie en version sardine en appart et embouteillage/transport en heure de pointe est un facteur important à ce phénomène.

    • Agoaye

      17 février 2016 at 0 h 41 min Répondre

      Ah c’est intéressant en effet et je pense qu’il y a beaucoup de vrai (pour moi ça joue c’est indéniable, alors pourquoi pas sur les autres…)

  • zenopia

    16 février 2016 at 12 h 46 min Répondre

    Aucune idée… enfin si… j’ai une théorie sur les spécialistes de l’agression : ils essayent de pomper l’énergie des autres… Ils se sentent fort en affaiblissant. Alors, hop, il sy vont franco pour te sucer ton énergie et te la piquer… ça vaut ce que ça vaut mais je suis certaine qu’il y a de ça (sinon, on peut aussi globalement dire que ce sont des abrutis qui refusent la remise en question… c’est selon… et plein de jugements ^^)

    • Agoaye

      17 février 2016 at 0 h 39 min Répondre

      J’aime ta théorie : des vampires en somme !!!!!

  • Pidiaime

    16 février 2016 at 19 h 02 min Répondre

    Un article qui résonne bien en moi.
    « D’où vient cette accoutumance au jugement, au mépris et à la comparaison mesquine ? »
    C’est la question que je me pose depuis des mois. Depuis que j’ai décidé de me reprendre à chaque fois que je jugeais moi-même, parce que si on ne fait pas attention c’est facile de se faire entraîner dans ces attitudes.
    Je pense très sincèrement que cette façon d’épier ce qu’il se passe chez les autres ne s’est pas arrangée avec la télé-réalité. Ils regardent les gens pour les critiquer, les juger. Du coup ils font pareil quand ils se retrouvent dans la rue. Nous avons besoin d’un gros élan de bienveillance pour la planète entière…
    Des pensées pour toi et je te souhaite d’aller mieux :)

    • Agoaye

      17 février 2016 at 0 h 35 min Répondre

      C’est clair que c’est extrêmement facile, parce qu’on a été habitués comme ça !

  • Poulette Arc-en-ciel

    19 février 2016 at 17 h 02 min Répondre

    Je pense que tous ceux qui jugent, sont agressif, sont intolérants, le sont d’abors avec eux mêmes. parce qu’ils doutent, manquent de confiance en eux et essaie de le masquer par de l’agressivité. Comme au bout d’un moment, ils se retrouvent vraiment seuls ils deviennent de plus en plus méchants, bornés et etc et c’est le cercle vicieux… Je ne veux pas leur trouver d’excuse, mais pour moi c’est l’explication la plus sensée. Personne ne naît intolérant à mon sens. C’est le parcours de vie qui transforme les gens.
    Après moi la question que je me pose, c’est comment réagir face à eux ? Comment être dans la bienveillance, parce qu’effectivement des fois, on aurait envie de les mordre aussi .
    Arf… pas facile de comprendre le genre humain ! Les licornes sont bien plus cools ^^ et les shetlands perso je trouve ça encore plus mignon avec son gros poil et sa crinière devant les yeux <3 !

    • Agoaye

      21 février 2016 at 2 h 29 min Répondre

      Tes arguments se défendent, mais je devrais être hyper méchante alors !!!!

      Quant à la question de la bienveillance, c’est vraiment extrêmement difficile. J’ai vraiment du mal à adopter le principe du « tendre l’autre joue » moi, je suis plus dans le « ne fais pas aux autres »…etc
      Du coup j’ai tendance à zapper, ignorer, fuir (si je le peux bien sûr)

  • MonoCroc

    24 février 2016 at 9 h 07 min Répondre

    Je n’ai aucune réponse à ce billet. Aucune. J’aide mamie à traverser quand son cabas est trop lourd & qu’elle galère sur le passage piéton. J’aide le jeune qui a trois sacs de voyage à porter dans les couloirs du métro & qui n’a que deux bras. J’aide le militaire qui se fait agresser par une dizaine de jeunes à côté du guichet de retrait. Personne ne m’aide lorsque je fais un malaise, même vagal, dans le métro. On me laisse aussi allongée par terre dans le couloir d’une gare, fracassée par trois garçons qui, visiblement, ne savaient pas trop comment occuper leur soirée. Ce qui est sympa c’est que plusieurs personnes bienveillantes ont des photos souvenirs de tout ça parce que sans bouger, je les ai tout de même vu s’arrêter pour prendre des photos. Bah ouais, j’suis canon avec la face déglinguée ;)
    Je n’ai donc aucune réponse.
    Nous sommes justes. Je dis bien nous parce que je me retrouve dans ce que tu dis; je m’écrase rarement (parfois à mes dépens) & vole au secours de la veuve & de l’orphelin dès que possible. Nous sommes des gens bien; de belles personnes, point barre. Même avec nos tares, nos rancoeurs, nos amertumes, notre pessimisme, etc… Même avec tout ça, nous somme des nanas tout à fait respectables. Que les ploucs continuent de vivre avec leur médiocrité.

    • Agoaye

      26 février 2016 at 0 h 56 min Répondre

      « Fais aux autres ce que tu aimerais qu’on te fasse » OK, mais il devrait y avoir aussi « Retrouve pour toi ce que tu as déjà fait pour les autres » ce serait plus juste.
      Je suis désolée de voir que tu n’as pas eu de chance, ouais je me dis que c’est de la chance de tomber sur quelqu’un qui peut t’aider lorsque tu en as besoin…

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