Et si le mot c’était « bipolaire » ?

005Perso moi ce mot il me fait peur… Lui et tout ses petits copains comme « psychose blanche », « borderline » ou « schizophrène »….

Et pourtant il a fallu que je l’aborde, parce que j’ai des amis et que chez plusieurs d’entre-eux, le mot est sorti. Certains depuis un bout de temps, comme une nouvelle à laquelle il va falloir doucement s’habituer et certains plus récemment, comme une nouvelle que tu prends en pleine face, bien directe dans ta gueule.

Tu te dis que ce n’est qu’un mot, posé là par un médecin payé pour ça, parce que les gens qui souffrent veulent des mots, des étiquettes, parce que ça aide à avancer, ou à traiter, ou à comprendre.

Tu te dis que tu ne crois pas que ce soit le bon mot, car tu les connais depuis tellement longtemps, et parfois de manière tellement proche, vous êtes si intimes que vos silences se comprennent, alors pourquoi il semble si étranger ce mot-là, sur cet ami-là ?
T’es comme lui, il est comme toi !

Il est comme toi…

Alors… S’il est comme toi, pourquoi pas toi ? Pourquoi il ne s’appliquerait pas à toi aussi… ce mot ?

Dans ma très embrouillée introduction, le « toi », c’est moi

Ouais j’ai fini ma décennie de thérapie. J’en suis sortie plus consciente de mes forces et mes faiblesses sans pour autant en être lavée. Bien sûr le plus gros est terminé. Je ne me coupe plus, je ne teste plus… J’ai même peur de la mort !

Mais globalement la personne qui dira de moi que je suis quelqu’un d’équilibré n’existe pas. Et ce n’est pas le seul mot qui ne m’aille pas du tout… Il y a « diplomate » aussi, ou encore « optimiste ». Eux, c’est clairement pas mes mots !

Mais et celui-ci ? Celui qui semble être à la mode parmi mon cercle d’amis… Et « bipolaire », est-ce que c’est moi aussi ?

Les lecteurs réguliers sont témoins, depuis bien longtemps, de mes fluctuations… Un coup ça ne va pas, le lendemain je pète la forme. Un coup ma vie est tellement formidable qu’elle fait pâlir Madonna, mais la veille elle était tellement vide de tout que les minutes n’avançaient plus… J’en ai même fait un billet !

 

Oui j’ai des symptômes dépressifs mineurs. Sans aller jusqu’à la dépression lourde (quoi que…) ou la dépersonnalisation, je m’isole et je mange peu, je culpabilise de rien et je suis triste pour tout.

Oui, j’ai des épisodes maniaques. J’suis euphorique et réactive au moindre détail, et puis j’ouvre tellement grand ma gueule que je raconte tout plein de conneries que je regrette ensuite, généralement quand je vois du monde après un isolement trop long… Et ouais, je passe du rire au larmes pour un pet de mouche !

Oui, j’ai des épisodes hypomaniaques. Je peux m’agiter pour des idées, des projets, établir de grandes théories et échafauder des plans gigantesques pour ce qui va venir, pour ce qui me passionne. J’ai déjà avoué aussi être une passionnée. Je vous ai déjà parlé de la difficulté à trouver le sommeil. Je vous avais confié quelques mots de mes phases de « chasse »… Je vous ai même montré mon cul !

 

En réfléchissant à tout ça je ne peux que me questionner… Je suis comme mes amis. C’est pour ça qu’on s’entend si bien. Et j’ai même été jusqu’à penser à plusieurs reprises que par rapport à moi ils étaient modérés, que j’étais la plus trash, que je gérais le moins…

 
Maintenant qu’on sait tout ça, et qu’ils ont ce mot collé à leurs peaux… je suis presque fixée non ?

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Published by Agoaye

Dans un univers parfait, Agoaye aurait Hugh Jackman pour boyfriend, un budget informatique/nouvelles technologies illimité et une carte haute-fidélité chez Lush... Dans notre monde, la réalité est bien différente !

21 Comments

  • Ragnagna

    25 septembre 2014 at 7 h 26 min Répondre

    Chais pas, je dois t’avouer que face à cette tendance de mettre des mots sur tout et n’importe quoi je suis totalement sceptique… C’est comme les enfants, aujourd’hui il y a un terme pour tout, avant on t’aurait dit qu’il était agité, maintenant c’est hyperactif, qu’il vomissait, maintenant la RGO, etc.
    Et même on est tous un peu « borderline » sur les bords, quelqu’un de super sain qui va chez un doc, on lui trouvera toujours quelques choses que cela soit un ongle incarné ou des tendances à la dépression.
    On marche tous sur le bord d’un gouffre, parfois on y chancelle, parfois on chute, parfois on se relève. L’important c’est de continuer d’avancer :)

    • Agoaye

      27 septembre 2014 at 10 h 33 min Répondre

      Je suis de ton avis, c’est vrai, et depuis longtemps… Mais avec la mode des étiquettes du coup je m’interroge !

  • Laurent

    25 septembre 2014 at 9 h 23 min Répondre

    Et dire que tu t’occupes de nos têtes blondes !!! Ca fait peur !!
    Non je plaisante :) tu es tout simplement comme tout le monde avec ses hauts et ses bas je pense, surtout dans notre époque si déstabilisante à tout bout de champs…
    Il faut bien avancer… et hop un petit remontant pour faire oublier ça !! un calva comme nos anciens !!! un canard pour les femmes !!! (le sucre avec le calva pas le jouet !!)
    En bon normand il n’y a que le calva comme remède :)

    • Agoaye

      27 septembre 2014 at 10 h 34 min Répondre

      Ahahaha, mais tu vois, le refuge dans l’addiction est également un trait consécutif à la maladie : un vrai cercle vicieux !

      (oh et j’aime pas le calva, j’ai honte, je sais)

  • marie kléber

    25 septembre 2014 at 10 h 27 min Répondre

    Je trouve qu’on utilise un peu les mots à tout va en ce moment. Ca rassure d’utiliser des termes aussi forts que « manipulateur », « bi-polaire », « super-actif » pour désigner les gens.
    Si avoir des hauts et des bas, c’est être bi-polaire, alors nous le sommes tous un peu!!

    • Agoaye

      27 septembre 2014 at 10 h 39 min Répondre

      Oui mes mes hauts sont vertigineux et mes bas sont abyssaux !!

  • Wuagift

    25 septembre 2014 at 11 h 53 min Répondre

    Là où certaines exposent leurs chattes, toi tu montres ton cul, chacun son style… L’genre d’étiquettes dont tu parles concernent beaucoup de monde mais rien d’irréversible… Certaines de tes attitudes rebelles participent clairement à entretenir la chose mais une personne s’arrangeant pour que tu l’ouvres (TA GRANDE GUEULE) afin d’y mettre un entonnoir et y verser régulièrement le carburant spécifique qui convient suffira largement à te rendre plus équilibrée…

    • Agoaye

      27 septembre 2014 at 10 h 40 min Répondre

      Alors toi tu dis que ma santé mentale découle d’une vie en couple ?

      Hum…. Je risque pas d’être équilibrée alors…
      (J’ai déjà mentionné le fait que je crèverai seule entourée d’une meute de chats ?)

      • Wuagift

        30 septembre 2014 at 10 h 27 min Répondre

        Je doute effectivement que tu puisses te sortir de ce cercle vicieux toute seule.

        • Agoaye

          30 septembre 2014 at 10 h 29 min Répondre

          C’est surtout que je ne suis manifestement pas faite pour une vie de couple

  • Ka Thy

    26 septembre 2014 at 11 h 08 min Répondre

    les mots que l’ont donne à tout les traits de caractères aujourd’hui, c’est usant à la fin, il faut tout étiquetés, tout classer ,alors si tu as un esprit vagabond et que tu aimes pleins de choses, tu es instable, et puis encore, on pourrait en citant tant !
    Avoir du caractère, faire de nombreuses choses différentes, être un jour bien, un jour mal, c’est la nature humaine, on n’est pas des spécimens de labos !

    • Agoaye

      27 septembre 2014 at 10 h 42 min Répondre

      Oui tu as raison mais je m’interroge quand même, c’est humain :))

  • Ka Thy

    27 septembre 2014 at 11 h 19 min Répondre

    oui c’est ce qui fait la différence, on peut réfléchir à tout ce genre d’etiquettes :)

    • Agoaye

      27 septembre 2014 at 19 h 15 min Répondre

      Oui mais je réfléchis trooooop :)

      • Ka Thy

        28 septembre 2014 at 14 h 03 min Répondre

        ;)

  • Claire

    27 septembre 2014 at 22 h 06 min Répondre

    Euh j’ai pas vu ton cul, encore… Je vais chercher… !!!
    C’est vrai que ça a l’air un peu trop facile,comme ça, tous ces diagnostiques qui tombent… On l’est tous plus ou moins, bipolaires…Les gamins tous hyper actifs… Toute la question, c’est comment on gère nos bas, nos creux de la vague… Si on s’en remet vite, si on replonge plus ou moins vite, si ça nous fait plus ou moins souffrir… Nos fragilités sont constitutives de nous… moi je n’ai pas encore compris si j’étais névrosée, angoissée, dépressive, bipolaire, maniaque… Selon les phases, l’un ressort plus ou moins… Heureusement qu’il y a les hauts de temps en temps et les amis avec qui partager !!

  • Emma

    6 février 2015 at 22 h 22 min Répondre

    Coucou, je vais remonter un vieil article là, qui j’espère ne te fera pas trop mal. Mais ça me parle et je voulais te faire part de mon expérience.
    Moi aussi j’ai suivie une thérapie, moi aussi je me suis coupé et je ne me coupe plus mais de terribles, horribles cicatrices qui me font honte mais en même temps me rendent plus forte.
    Et après un an et demi de thérapie, mon psy m’a avoué qu’il n’aimait pas du tout le mot bipolaire, qu’il était utilisé pour un oui pour un non… mais que que là, clairement, je l’étais.
    Au début on croyait juste que j’étais dépressive, mais ce sont les épisodes hypomaniaques qui ont posé le diagnostic.
    Car pendant ces périodes là, je me mettais en danger car pour moi plus rien n’était impossible et je ne savais plus ce qui était dangereux ou non, je fonçais tête baissé parce que je me sentais forte et je savais que je pouvais tout faire ! et une semaine plus tard je me « réveillais » en me demandant « où je suis ? qu’est-ce que je fais ? pourquoi ai-je fait ça ? » et me voilà à essayer de réparer les erreurs de ces derniers jours en replongeant dans la déprime totale.
    Heureusement aujourd’hui j’ai un traitement qui diminue LARGEMENT ses phases. Mais les coups de déprime sont toujours là.
    Courage parce que c’est pas facile, parce qu’on est mal compris. Mais apparemment tu as des amis qui peuvent comprendre.
    Perso j’ai perdu tous les miens. Je n’ai plus que mon chéri et des amis virtuels que je vois quelques fois en vrai mais rarement.

    • Agoaye

      7 février 2015 at 0 h 13 min Répondre

      Je te remercie de ton commentaire.
      Il n’est pas si vieux que ça finalement cet article et je suis assez d’accord quant au fait que ce mot est utiliser à tort et à travers. Je crois d’ailleurs que c’est ce que j’ai fait aussi un peu. Car je ne connais pas d’épisodes aussi « violents » que ceux que tu me décris, moi je suis toujours consciente de tout, et même quand je me mets en danger, je sais que ce n’est pas malin.
      Heureusement d’ailleurs, car moi je ne peux prendre aucun traitement étant donné que je ne les supporte pas. 1 seul anti-dépresseur (en 1 prise 1 fois m’a empoisonné, alors heureusement que je ne dois pas fonctionner avec des traitements lourds) !
      Courage à toi aussi…
      <3

  • Emma

    7 février 2015 at 18 h 23 min Répondre

    D’accord, j’espère alors que ça restera comme ça, avec des épisodes raisonnables on va dire.
    Pour le traitement c’est bien embêtant, parce que je sais que ça peut être dur de remonter la pente sans aide médicamenteuse des fois :/ Enfin bref, je te comprend et je souhaite d’aller le mieux possible.

  • […] on ne va pas se le cacher, parfois, quand la vie est une chiennasse sans collier, quand tout fout le camp et qu’on a du mal à retrouver la surface, quand même les plus […]

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