Feu mes aventures

Si je soulève ma mèche violette, je vois du noir et du blanc… De plus en plus de blanc… De moins en moins de doutes sur mon vieillissement capillaire.

Si je m’endors un peu tard, je n’arrive plus à me réveiller le matin suivant. Y’a comme quelque chose qui m’aurait quitté… Comme si j’avais perdu un peu plus de jus à chaque fois.

Si je fais l’effort de me souvenir de ma vie passée, j’arrive de moins en moins à concevoir que c’est effectivement arrivé, qu’un jour j’ai eu cette chance, qu’un jour j’avais pu le faire, qu’une fois j’avais su.

Autrefois j’ai été bosser après des nuits blanches. Parce que mon rencard m’avait bien plu et qu’à la fermeture du bar nous avions décidé de nous asseoir quelques minutes au pied de Zeus pour discuter. Les minutes sont devenues des heures, les discussions sont devenues des baisers…
Lorsque mon réveil a sonné je n’étais pas couchée et le parking ne m’a jamais couté aussi cher.

Autrefois j’ai eu des vies entre mes mains. J’étais utile à une équipe et je faisais un maintien de tête parfait, je savais passer l’alerte radio et avertir le PCR en cas de collision. J’allais au secours comme si ça avait été un combat, j’allais aux missions sociales sans trop réfléchir et je me suis même retrouvée menottée à l’ambulance pour tempérer mon côté tête brûlée.

Autrefois j’ai été l’autre femme. Je savourais le privilège d’un moment public d’une manière un peu décalée car je savais que 2 heures plus tard il deviendrait privé. Je saisissais au vol les messages destinés à moi seule et je comprenais les sous-entendus lancés au vent. Je me planquais dans les couloirs des hôtels et récoltais faveurs et confessions.

Autrefois j’ai fait équipe avec des inconnus. Délaissée par mon équipe j’en ai joint une autre. Ce n’étaient ni ma place ni mon rôle mais je m’y suis habitué et j’ai été efficace. Servir de témoin lors de l’accident contre une machine de chantier, faire le lien et l’organisation, m’attacher, déconner. Et faire faire le silence complet dans un bus de 45 gamins pour une manœuvre délicate.

Autrefois je décidais de partir sur un coup de tête. Je ne prévoyais rien et j’embarquais… Dans un train, un avion, une voiture… Deux secondes de réflexion et pas de questions de principes ou d’argent. Je me démerdais, je m’organisais et quand c’était trop je rentrais. J’en ai écouté des confessions de paumés dans des auberges de jeunesse, j’en ai récolté de la pitié des gens qui croyaient que je m’ennuyais, j’en ai partagé des bouts de table avec des inconnus…

Autrefois j’ai été heureuse. Un rien suffisait, la magie, la contemplation, la musique ou le calme.
Autrefois j’ai été accompagnée. On m’a emmené en week-end et on m’a dit qu’on m’aimait.
Autrefois je comptais. Professionnellement, amicalement, j’étais là pour les autres et ils étaient là pour moi.

Autrefois je vivais…

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Published by Agoaye

Dans un univers parfait, Agoaye aurait Hugh Jackman pour boyfriend, un budget informatique/nouvelles technologies illimité et une carte haute-fidélité chez Lush... Dans notre monde, la réalité est bien différente !

20 Comments

  • Nath

    21 février 2018 at 20 h 14 min Répondre

    Aujourd’hui tu comptes toujours même avec tes cheveux blancs et tes coups de blues . Sois en certaine . Tu comptes pour moi .

  • mouss

    21 février 2018 at 20 h 31 min Répondre

    <3 .. <3 !

  • Anne

    22 février 2018 at 6 h 12 min Répondre

    Tu comptes également pour moi c’est étrange nous nous sommes jamais vu mais tu m’aides.

  • julien

    22 février 2018 at 7 h 45 min Répondre

    Je vais dire comme les autres : tu comptes toujours et tu vis toujours.

    On vieilli mais on vit quand même. C’est différent mais c’est toujours vivre. Moi par exemple je préfère largement ma vie à 40 qu’à 15 ou 20.

    • Nadège

      23 février 2018 at 14 h 40 min Répondre

      Totalement de ton avis,je préfère ma vie à presque 42 ans qu’il y a 20 ans. Y a des choses qui me manquent, d’autres que j’aurais dû faire autrement mais tant pis.
      Bisous Nad ;)

      • Agoaye

        24 février 2018 at 15 h 38 min Répondre

        C’est certes différent mais je pense que c’est moins une affaire d’âge que d’actions !

    • Agoaye

      24 février 2018 at 15 h 49 min Répondre

      Parce que tu as construit !!!!
      Je n’ai rien à part un chat, alors oui je compte pour lui, mais n’importe quel humain capable d’ouvrir un sachet Urinary compterait tout autant, je le jure…
      J’avais une vie, j’avais des amis, j’avais même des amours…
      Aujourd’hui j’ai un appartement et un boulot. Point !

  • zenopia

    22 février 2018 at 8 h 46 min Répondre

    <3

  • Lenora Von Cherry

    22 février 2018 at 9 h 44 min Répondre

    On change, on évolue avec le temps. Nos besoins et nos envies aussi…
    Est ce que tout ça te manque vraiment ?
    As-tu l’impression de ne plus compter car il y a moins de fougue dans ce que tu fais ? Si oui, comment pourrais-tu la retrouver ?

    • Agoaye

      24 février 2018 at 15 h 48 min Répondre

      Merci pour les bonnes questions :) C’est un cercle vicieux (et pas dans le bon sens du mot vicieux :))
      Oui ça me manque, je ne compte plus parce que je n’ai plus personne, je ne la retrouverai pas tant que je reste dans cet état d’esprit…
      T’as vu ? Pas simple !!

      • Lenora Von Cherry

        27 février 2018 at 8 h 36 min Répondre

        Je ne te connais pas personnellement, je ne peux donc pas prétendre tout savoir de toi, de ton histoire. D’après ce que je lis, que ce soit les articles ou les commentaires, j’ai cru comprendre que ton moral était du côté de tes chaussettes (voire plus bas).
        Nos vécus et expériences sont sans doute différent.e.s, mais je vais me permettre de faire un parallèle.
        Quand j’ai fait ma dépression l’année dernière, j’ai dégagé un à un les soit disant amis qui m’entouraient. Je ne sais pas à quel moment tu as perdu tes amis, néanmoins je me demande si la dépression « n’aide » pas au grand ménage.
        Il ne me reste vraiment pas grand monde, et à part deux personnes (je ne parle que des amis) les autres sont tous sur la sellette. Au moindre truc qui ne me plait pas, ils dégagent !
        Quelque part je me dis que c’est un mal pour un bien. Est ce que ces personnes étaient vraiment des ami.e.s ? Se poser la question est légitime.
        Mais voila, ensuite, on se retrouve seule et on a l’impression que sans personne autour de nous, on n’arrivera à rien… Et on attend que ça passe…
        T’sais quoi ? C’est une mauvaise idée. Ce n’est pas une solution. Je me persuade que je suis très bien toute seule… Je me fous vraiment de ma gueule ! Alors que quand je fais des efforts pour voir du monde, je passe toujours un bon moment et je me sens vraiment bien.
        Alors, est ce qu’on ne devrait pas se sortir les doigts du cul et se forcer à faire des trucs pour que le bon état d’esprit revienne ?
        Prendre du Millepertuis, s’acheter une jolie Citrine, faire du yoga, ça peut-être une bonne piste pour démarrer ;)

        • Agoaye

          10 mars 2018 at 15 h 48 min Répondre

          Je te remercie pour ce commentaire et bien sûr que tu as raison, c’est hyper évident…. J’arrête pas de hurler sur tous les toits du monde que c’est un leurre et que l’homme n’est PAS un animal sociable !!! Mais c’est pour me rassurer car moi j’ai tellement l’impression de nager à contre courant qu’au bout d’un moment j’arrête juste de me faire chier à m’arracher les bras en voulant crawler… Mais comme il est aussi impensable de me laisser emporter par le courant, ben je me retrouve toute seule sur la rive comme une pauvre demeurée un peu mouillée, un peu tremblante et avec les cheveux qui sentent le vieux chien à regarder tout le monde flotter rapidement dans le même sens…
          (Tu la vois ma métaphore d’Aquaboulevard là ? :))

          Donc ouais, faudrait que je me force… Tremper un orteil de temps en temps… (oui, je continue dans le thème hein). Sauf que… Ben c’est pas à toi que je vais dire ça mais l’eau semble bonne, alors tu te dis que ce serait possible et puis tu sembles avoir repris des forces et puis tu trouves de bons nageurs pour t’accompagner… Et puis un jour, forcément y’en a un qui essaye de te noyer et là c’est reparti !!!

  • Petite ombre

    22 février 2018 at 17 h 23 min Répondre

    Mais tu sais, c’est l’histoire d’un peu tout le monde, notre problème on regarde tous trop vers le passé quand on a rien d’autres à faire…. Mais tu n’es pas toute seule, tu veux peut-être pas y croire, mais demain te réserve peut-être quelque chose… Allez je parle mais je m’enfonce non? En bref, je te comprends dans ce que tu écris aujourd’hui. Alors, on marche en silence, chacun dans notre coin, mais au final on est pas seul… Et pusi, moi aussi j’ai des cheveux blancs de plus en plus,et tu sais quoi, je suis plus jeune que toi… arf….
    La vie est ainsi faite, on a fait des choses qu’on ne fait plus avec le temps… on apsse à autre chose, qu’on le veuille ou pas… Mais tu n’es pas la seule dans ce cas!!
    Bisous

    • Agoaye

      24 février 2018 at 15 h 46 min Répondre

      Tu ne t’enfonces pas, tu essaies de me remonter le moral et c’est gentil de tenter, mais effectivement tu parles un peu comme un gourou illuminé ;)
      En fait, je pense que je rédigerai un billet là-dessus plus tard mais j’ai perdu tous mes amis (la plupart par ma faute) et que c’est le fond du problème…
      Évidemment il y a vous, il y a mon Facebook de blog, il y a le virtuel qui occupe une grande place, mais c’est une place froide… Tu sais que si je tombe en panne d’essence un jour je n’ai personne à appeler ? (à part l’assistance GMF)

  • Guillemette

    23 février 2018 at 22 h 34 min Répondre

    <3

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