Il y a cette soirée…

mojitoIl y a cette soirée que j’ai oublié de vous raconter !
Le temps est passé et petit à petit les souvenirs se sont floutés, comme si j’avais depuis retiré mes lunettes de myope. Mais il me reste les couleurs et les contours, tout ce qui me permet de me rappeler que c’était quand même une sacrée affaire cette poignée d’heures arrachée du réel.

Parce qu’il s’agissait finalement de ça : une sortie de route, une entorse au confort habituel… Plongée dans un inconnu tout relatif pour finalement enfin découvrir des choses et se sentir un peu plus vivant que d’habitude.

Je vais essayer de vous fournir les matières premières… P’tet un peu brouillon et p’tet dans le désordre. Après tout ce ne sont que des formes et couleurs, mais des jolies !

Quelques jours avant, j’avais croisé ce gars qui m’avait semblé naturellement familier, et nous nous étions dit que nous irions boire un verre.
Il faut dire que cette promesse me ravissait au plus haut point, moi qui étais en cure thermale depuis près de 15 jours et qui n’avait rien bu d’autre que ma dose quotidienne d’eau chaude aux vertus antalgiques, antispasmodiques et myorelaxantes !!
Alors un mojito : c’est la grosse fiesta !!!!!

Donc on s’est vus, et puis on a bu des mojitos… 1, puis 2 puis beaucoup plus que ça (pour finalement achever la soirée avec un XXL au bar du casino, mais ceci est la fin de l’histoire, j’voudrais pas spoiler…).

On a changé quelques fois de râtelier, les restos et les bistrots fermaient les uns après les autres, nous assistions impuissants à la cérémonie de l’attache des chaises en terrasse.
A chaque endroit nous avons fait des rencontres plus improbables les unes que les autres, et à chaque fois nous tentions de savoir si nos interlocuteurs connaissaient les Fatals Picards (oui, c’était un peu le leitmotiv prosélyte de la soirée) et tout le monde nous répondait affirmativement.

Aux alentours du 3ème bar, notre route a croisé celle de Firmin, petit jeune déjà bien allumé, aux vagues tendances antisémites mais pas si con qu’on a pu le croire au départ…
On a parlé musique, accent, et vie nocturne de station thermale pour finalement arriver à lui faire gober n’importe quoi, une vie inventée de toutes pièces dans laquelle mon pote et moi étions sur le point de nous marier et que nous continuerions malgré tout notre valeureux combat pour la manif pour tous (non mais quelle horreur quand j’y repense.)
Curieusement, notre interlocuteur a su se montrer tolérant, voire même défenseur des droits des homosexuels (ce qui m’a quand même rassuré quelque part).
C’est lorsqu’il s’est mis à complimenter ma couleur de cheveux (à mi-chemin entre le vert bouteille et le jaune pipi de chat) que je me suis dit qu’il devait quand même être sacrément bourré !

C’est après un petit entracte durant lequel mon ami m’a parlé de la femme du barman partie avec l’installateur de cuisine tout équipée, que nous avons croisé la route de Paulo.
Paulo souriait aux étoiles avec son tee-shirt troué qui ne couvrait pas l’intégralité de son ventre. Il effectuait parfois de petits pas de bourrée en riant et en apostrophant tout les gens qui croisaient sa route. Il avait l’air heureux, simple, il me faisait sourire…
Je me suis dit que quand même, les SDF de province avait une plus belle vie que ceux de Paris.
Et puis j’ai appris que sous ses airs de simple d’esprit, Paulo est en fait un grand artiste. Premier violoncelle au conservatoire, rien que ça Môssieur !

A ce stade de la soirée, j’étais en pleine forme. Ravie d’avoir trouvé quelqu’un qui aimait partager avec moi des anecdotes musicales plus intéressantes les unes que les autres et impressionnée de voir que nous arrivions à nous faire rire.
C’est suffisamment rare pour que je veuille tout faire pour préserver le moment.

Naturellement donc je l’ai traîné au casino… Le seul endroit encore ouvert après minuit et demi dans une ville de curiste !

Nous nous sommes finalement attablés devant un mojito XXL en faisant un tour d’horizon des personnes présentes au bar :
Un groupe de jeunes chasseurs de Pokémon (je les battais tous, j’étais niveau 7 :)), un gars complètement déchiré mais ami d’enfance de tous ceux qu’il croisait, des musiciens barbus dont un qui avait inventé son propre instrument, un couple à la nana super chiante qui parlait fort de tout ce qu’elle ne permettait pas à son mec de faire et une poignée d’amis dont on a jamais compris s’ils parlaient français ou non finalement.

Après avoir fini d’apprendre toutes les anecdotes à savoir sur les gens présents (le barman était chevelu dans sa jeunesse,et sa femme est super jolie, le mec bourré a passé toute son enfance dans la cave car ses parents ne l’aimaient pas et puis après il s’est fait mordre par son chien…), nous avons recentré le débat sur nous et les choses importantes de la vie, à savoir la musique, l’amour, le cul.

Ce moment était absolument improbable à bien des points de vue.
Je ne m’attendais pas à rencontrer quelqu’un avec qui je m’entendrais si bien (c’est rare, c’est tellement rare…), je ne pensais pas en quelques heures faire le tour de tant de personnalités locales, je n’imaginais pas passer ce genre de soirée folle, ici et dans ces circonstances.

Le lendemain matin j’étais étonnement fraîche (mais irrémédiablement en retard pour mes aérosols soniques et mon humage) et j’avais compris plein de choses.

Cette fois encore, cette nuit-là, à force de rencontres et d’échanges, j’ai repris un peu confiance en moi, j’ai eu un peu plus foi en la vie.
C’est ce qui me manque la plupart du temps…

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Published by Agoaye

Dans un univers parfait, Agoaye aurait Hugh Jackman pour boyfriend, un budget informatique/nouvelles technologies illimité et une carte haute-fidélité chez Lush... Dans notre monde, la réalité est bien différente !

14 Comments

  • Mister White

    4 août 2016 at 15 h 17 min Répondre

    Mais c’est vrai que ça c’est passé comme ça!
    Quand j’y repense,je me dis que c’était une très bonne soirée.Encore merci d’avoir voulu suivre un presque inconnu qui finalement comme tu le dis si bien c’est avéré être presque familier.
    A très bientôt j’espère.

    • Agoaye

      5 août 2016 at 0 h 00 min Répondre

      Finalement je ne sais pas trop qui a suivi l’autre ;)
      Merci à toi !!!

  • Marionle6tron

    4 août 2016 at 15 h 33 min Répondre

    Les soirées improbables sont toujours les meilleurs et celles qui font qu’on se sent vraiment vivant et connecté aux autres (en tout bien tout honneur ou pas :p)

    • Agoaye

      5 août 2016 at 0 h 00 min Répondre

      Ah non mais c’est clair. Et puis ce n’est pas quelque chose qu’on peut prévoir finalement :)

  • Guillemette Allard-Bares

    4 août 2016 at 15 h 51 min Répondre

    Soirée mémorable effectivement :) Contente que tu aies pu profiter de ce moment !

    • Agoaye

      5 août 2016 at 0 h 01 min Répondre

      Et j’en avais vraiment besoin !

  • Céline Bricabrac

    4 août 2016 at 16 h 22 min Répondre

    Belle rencontre ! Merci de partager ça avec nous. C’est cool de te sentir bien !

    • Agoaye

      5 août 2016 at 0 h 02 min Répondre

      Si j’avais rédigé le billet dans la foulée, il aurait été bien meilleur, mais j’ai loupé le coche :)

  • Fabignou

    4 août 2016 at 17 h 02 min Répondre

    J’adore ! Le genre de soirée qui nous réconcilie avec l’humanité, et où l’on découvre qu’il y a un sacré nombre de phénomènes, pour peu qu’on prenne le temps de creuser.

    • Agoaye

      5 août 2016 at 0 h 05 min Répondre

      La réconciliation est le mot juste, avec les autres mais aussi avec soi-même… ça a fait du bien !

  • zenopia

    5 août 2016 at 6 h 50 min Répondre

    C’est sans doute ce qui manque à beaucoup… je me souviens de soirées de ce type, je me souviens d’un chevelu/barbu/grisonnant croisé un peu plus tôt dans la journée, d’un bar et de bières… Depuis je crois que j’ai retrouvé ma confiance en moi (même si parfois je l’oublie un peu…)
    Bisous miss <3

    • Agoaye

      6 août 2016 at 12 h 49 min Répondre

      Et bien souvent ces soirées sont l’introduction à de jolies aventures.
      Merci pour ton commentaire ;)

  • Trenty

    10 août 2016 at 17 h 45 min Répondre

    Le contact avec les autres et souvent salvateur.
    J’adore passer des soirées à boire et discuter avec des gens que je ne connais pas.

    • Agoaye

      10 août 2016 at 18 h 26 min Répondre

      Ahhh oui, les Autres !
      parfois je les adore, parfois je les hais… Vaste sujet

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