L’automutilation en réponse à ce qu’on ne dit pas.

012Aujourd’hui j’ai envie de vous parler sérieusement. D’aborder un sujet délicat, qui saura vous parler, ou qui pourrait vous choquer.

Parce que j’ai la prétention de me dire que mon expérience servira peut-être, que mon recul par rapport à certaines périodes de ma vie et le fait que j’y ai bien réfléchi pourra sans doute servir à d’autres que moi, à ceux en souffrance ou à certains qui ont des proches qui agissent de la sorte !

Aujourd’hui je vais vous parler de l’époque où je me mutilais.


Après avoir passé une enfance merveilleusement bien entourée, je me suis retrouvée à l’adolescence trop vite prise dans l’engrenage de la vie, de la vraie vie, celle qui fait peur : la mort, l’abandon (qui avait toujours été présent, mais qui resurgissait tel un monstre), le sentiment d’inutilité et d’indifférence…

Tous les choix que je devais faire pour ma future vie m’ont un peu paniquée et le désarroi intérieur grandissait chaque jour un peu plus et avec davantage de perfidie…
Comment dire oui, comment dire non ? Et si on dit oui, est-ce que ça ne nous mènera pas trop loin ? Et si on dit non, est-ce que ce sera définitif ? Comment revenir en arrière et comment effacer ses erreurs ? Comment gommer les mots maladroits qui ont fait mal, et comment rajouter hors de leur contexte ceux qu’il aurait fallu dire ?

Ma vie a été (et particulièrement à cette période) ponctuée d’interrogations bénignes mais qui me semblaient si importantes dans leurs détails.
J’ai tellement su ne pas y répondre, je me suis tellement enfoncé la tête dans le sable, si profondément calée que je ne me souviens plus du tiers. C’est là que le Mal a grandi et s’est fait ressentir très tôt…

Le Mal, c’est un état… Comment vous expliquer ? C’est une espèce de nausée diffuse couplée à un sentiment de manque, et on ne saurait dire ce qui manque… On est même plus en état de chercher…
On est là et on a le Mal… On pleure et on se balance sur soi-même… On se balance et on pleure… Et ça ne passe pas… On s’épuise, on pense à une vitesse incroyable… On ne pense qu’aux choses qui ne vont pas, on les ressasse et on les amplifie… Rien ne va…

« Je suis nulle, je suis nulle, je suis trop nulle, c’est de ma faute, je suis nulle, putain je suis vraiment naze, tout ça c’est à cause de moi, tout !!! »
Comment en sortir ?

Et un jour, la pseudo solution miracle s’est imposée, je ne l’ai pas cherchée, j’ai vu un cutter… Je m’en suis servi…
Déchirer la peau, ouvrir l’enveloppe charnelle pour que le Mal s’échappe… Faire couler le sang pour ne pas garder sa substance empoisonnée…
A partir de ce jour, le moindre malaise ne se guérissait que comme ça :
Je pleure, je vais mal, il est là, c’est dedans…. On coupe un peu, cutter ou lame de rasoir, s’abîmer pour mieux se retrouver.
Une incision profonde pour les grands maux, plus fine mais lente pour les petits… Le sang perle…
Ce sang qui a d’ailleurs eu des utilisations diverses : illustrations du journal intime où je criais mon Mal, rites de magie noire (peu concluants au demeurant) ou passage sur la langue pour bien se rendre compte qu’il est là, que c’est le mien !

La douleur externe (peu comparable au Mal finalement : plus localisée et plus aiguë, assez synonyme de délivrance cependant) me faisait oublier le fond du problème… Ça picotait mais c’était concret… Et quand ça ne picotait pas assez, je rouvrais ou je versais de l’alcool à même la blessure…
Il fallait sentir la peau, voir les bords de la coupure, voir le sang coaguler, comprendre que l’organisme, lui, en cas d’attaque ne renonçait jamais et guérissait toujours…

Après, j’étais bien… Je n’avais plus le Mal, je n’avais plus que mal superficiellement, un détail, une sensation qui passe !
Combien de fois, à l’école ou à table, mon chat servait de prétexte aux bandages ou coupures qui dépassaient des manches. Combien de fois Môm s’en est douté mais a eu tellement peur de le découvrir qu’elle s’est ravisé… Je comprends sa difficulté à prendre sa fille en main à ce moment là ! Nous n’en avons depuis jamais vraiment parlé.  Je ne suis pas persuadée qu’il aurait fallu, sa main tendue à ce moment-là aurait pour moi été considérée comme une preuve de cette prétendue faiblesse dont déjà je me culpabilisais assez.
Si c’est moi qui avait été vers elle, si j’avais abordé le sujet avec elle, ç’aurait peut-être été différent.

J’ai vu un psychiatre. Qui a minimisé mon geste… Il a vu mes bras et m’a lancé un bête « Ah mais vous faîtes de l’art, c’est tout ! ». Connard, si je te recroise je te fais bouffer ton bloc d’ordonnances.

Puis j’ai entamé une psychanalyse.
Cette psy ne minimisait pas. Ni ne diabolisait. Elle s’intéressait et me donnait l’impression de vouloir savoir pourquoi. Une façon détournée de me faire me poser la question moi-même.
Le chemin a été long, j’ai continué à couper un an durant, mais petit à petit, sans m’en rendre compte, j’ai appris à extérioriser autrement… A comprendre que ce n’était pas utile, et d’autres solutions se sont petit à petit imposées.

J’écris, je crée… Je fais de l’art, mais autrement.
J’existe sans souffrir physiquement et je m’autorise à être importante pour moi, pour les autres. Des gens m’aiment, c’est bien la preuve…

 

C’était il y a 14 ans… J’ai sur mes bras le témoignage de mon adolescence, je sais ce que veulent dire chacune d’entre-elles… Une bonne cinquantaine, petites ou grosses, profondes ou superficielles, certaines suturables jamais suturées… ma peau n’a pas encore assimilé ni cicatrisé mais je ne lui en veux pas, je ne lui en veux plus…..
Je ne m’en veux plus

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Published by Agoaye

Dans un univers parfait, Agoaye aurait Hugh Jackman pour boyfriend, un budget informatique/nouvelles technologies illimité et une carte haute-fidélité chez Lush... Dans notre monde, la réalité est bien différente !

51 Comments

  • fedora

    26 juin 2014 at 7 h 21 min Répondre

    c’est difficile de dire qu’on aime ce billet… c’est difficile de trouver quelque chose à dire aussi… je pense que l’adolescence est une période borderline sur bien des plans… je m’en souviens comme d’une période très très difficile psychologiquement parlant… beaucoup de souffrance… avec une impossibilité de faire quoi que ce soit pour la minimiser…

    • Agoaye

      27 juin 2014 at 22 h 32 min Répondre

      Tu as vu, moi finalement moi je m’étais débrouillée pour en trouver une, de solution :))

      • fedora

        28 juin 2014 at 5 h 52 min Répondre

        oui… et c’est formidable !!! (la mienne ça a été de grandir et de quitter cette fichue période :) )

  • Ragnagna

    26 juin 2014 at 7 h 26 min Répondre

    J’ai souvent voulu faire de même pour sortir douleur, peine et tristesse, mais un bon sens ou ma douilletterie m’en ont toujours dissuader. Alors je me dessinais dessus et aujourd’hui je dors.

    • Agoaye

      27 juin 2014 at 22 h 33 min Répondre

      Voui, dormir c’est très salvateur aussi…

  • tuxedofeline

    26 juin 2014 at 8 h 17 min Répondre

    Foutue adolescence : une période vraiment dure à passer et qui peut nous emmener sur des chemins dangereux.
    Toi, c’était l’auto mutilation, moi ce fut les snifs d’héroïne et la dépendance que çà engendre pendant 10 ans. Dieu merci, la peur des piqûres m’a toujours empêché de sombrer plus bas et aujourd’hui, tout çà est derrière moi mais je te passe les années passées en traitement de substitution qu’un jour tu arrives à stopper totalement avec la peur au fond du ventre.
    Heureusement, on vieillit et on extériorise ses peurs autrement, je dirais même qu’on les affronte et c’est là la clé : ne pas se laisser bouffer par ses peurs.
    Des bises :)

    • Agoaye

      27 juin 2014 at 22 h 34 min Répondre

      Finalement j’ai été moins courageuse que toi…. Je n’ai jamais eu confiance en ma capacité à vaincre la dépendance, du coup je n’ai jamais commencé :)

      • tuxedofeline

        28 juin 2014 at 5 h 38 min Répondre

        J’ai mis longtemps à admettre ma dépendance et je n’ai pu réellement commencer à me soigner qu’au moment où j’ai réalisé que le snif plaisir était devenu uniquement un snif pour soulager l’horreur des douleurs physiques.
        Alors commence un très long chemin qui dure des années et je peux te dire que si j’avais su dans quelle galère je m’engageais, et bien je n’aurais jamais testé.
        Le principal, c’est de réussir à s’en sortir et de continuer sa vie quand même.
        Des bises, Dame Agoaye <3

        • Agoaye

          29 juin 2014 at 1 h 34 min Répondre

          :) Comme écrivait Vincent Ravalec dans l’une de ses nouvelles (« par delà l’aire glaciaire », ma chouchoute, je te conseille de la lire… Elle te plairait) :
          « C’était si bon la première fois »

          • tuxedofeline

            29 juin 2014 at 6 h 03 min

            Je note la référence littéraire et te dirais ce que j’en pense.
            Et oui, la première fois est toujours la meilleure (quoique çà dépend de quoi on parle hein ^^ mais çà c’est un autre sujet ;)) ….)

          • Agoaye

            1 juillet 2014 at 12 h 19 min

            Oui, non, en effet :p

  • G33k

    26 juin 2014 at 9 h 24 min Répondre

    Moi c’est dans la fuite et l’évitement que j’extériorisais… ça me prenais moins de courage… C’est pas facile d’entrer dans le monde des grands, j’y travaille encore ;-)

    • Agoaye

      27 juin 2014 at 22 h 34 min Répondre

      Ah mais maintenant je fuis :)

  • Ka Thy

    26 juin 2014 at 8 h 59 min Répondre

    … juste ces trois petits points

  • kiarapapillon

    26 juin 2014 at 11 h 06 min Répondre

    L’adolescence est vraiment une période particulière. La mienne a été terrible. Je me faisais mal aussi, mais autrement. Ca ne se voyait pas mais j’en garde des traces aussi.
    Je crois que c’est pour ça que j’aime travailler avec des ados. Je sais ce qu’ils ressentent et j’ai un recul d’adulte. Je sais que c’est dur et ça m’énerve quand mes collègues minimisent ou disent « non, mais ça lui passera » ou alors « c’est de son âge ». Je crois qu’il faut aider les ados, leur faire comprendre qu’on est là pour eux s’ils en ont besoin.
    Enfin bref, tout ça pour dire que ton billet est très touchant.

    • Agoaye

      27 juin 2014 at 22 h 37 min Répondre

      Je te comprends… Après je ne suis pas sûre d’avoir les bons mots pour les ados, même si moi je me suis construite !

      • kiarapapillon

        30 juin 2014 at 12 h 35 min Répondre

        Parfois on n’a pas besoin de mots, juste d’écouter. ;-)

        • Agoaye

          1 juillet 2014 at 12 h 23 min Répondre

          Alors ça oui. Je sais le faire :)

  • EmilieSunny

    26 juin 2014 at 12 h 01 min Répondre

    …… moi non plus je ne sais pas quoi ajouter si ce n’est que je suis contente de voir le chemin que tu as parcouru ;-)

  • Wuagift

    26 juin 2014 at 13 h 27 min Répondre

    Une écorchée vive, une vrai de vrai. Je ne t’apprends rien en te disant que cette catégorie de personnes peuvent s’avérer irrésistibles lorsqu’elles s’expriment au travers de l’art créatif…

    • Agoaye

      27 juin 2014 at 22 h 38 min Répondre

      Irrésistibles… C’est beaucoup :)

      • Wuagift

        28 juin 2014 at 10 h 37 min Répondre

        Gainsbourg, Renaud et compagnie le sont

  • Marie Kléber

    26 juin 2014 at 12 h 49 min Répondre

    Merci pour ce témoignage. Je comprends tout à fait cette idée de faire sortir le mal, mais surtout d’avoir matière à souffir physiquement, comme si se faire mal pouvait ôter tout pouvoir aux maux qui nous empoisonnent l’existence.
    Il ne reste que des cicatrices sur ta peau, pour te rappeler ton courage et le chemin parcouru. Tu ne t’en veux plus et c’est déjà beaucoup.

    • Agoaye

      27 juin 2014 at 22 h 37 min Répondre

      Et je ne regrette pas… S’il a fallu ça, eh bien tant pis :)
      Merci

  • Trenty

    26 juin 2014 at 14 h 21 min Répondre

    Pas simple de commenter et surtout, je vais éviter de sortir mes conneries habituelles ;)

    En tout cas, ça donne de l’espoir de voir que tu t’en es sorti :-*

  • Jerry Ox

    26 juin 2014 at 21 h 05 min Répondre

    L’adolescence est un passage toujours douloureux oiu les cicatrices sont souvent profondes . Vous livrez là un témoignage qui donne à réflechir.

  • […] ce que j’ai vécu, après la quantité de souffrances, de trahisons, d’embarras, de tromperies, de fausses routes et de prises de distance, […]

  • Neurones en éventail

    27 juin 2014 at 21 h 30 min Répondre

    C’est poignant ton récit j’avoue que j’ai toujours eu du mal à comprendre ce geste maintenant je comprend mieux
    Faire sortir le mal, l’extraire cest terrible !
    Chez moi c’est l’anorexie qui a pris le dessus étant plus jeune, aujourd’hui je m’en suis sortie et heureusement
    Je crois qu’on se torture trop, on se fait trop de mal pour des personnes qui n’en vallent au final pas la peine. Bises

    • Agoaye

      27 juin 2014 at 22 h 40 min Répondre

      Ohhh oui, mon rapport à la nourriture est bien particulier aussi :)
      J’ai tellement de billets à écrire :)

      • Neurones en éventail

        28 juin 2014 at 8 h 50 min Répondre

        hésite pas à les écrire alors, ça fait du bien de poser les « maux » ! bises et courage

  • Le Groumph

    2 juillet 2014 at 13 h 55 min Répondre

    Le Mal… Ouais… C’est ça son nom! Evidemment! Comment ne l’ais-je pas su plus tôt?

    Il est arrivé au même age que toi, pour le même genre de raisons je suppose… Mais je n’ai jamais vraiment su le gérer…

    Parfois en parler le faisait sortir, mais ça ne fonctionne plus… Parfois pleurer le faisait sortir, mais je ne sais plus pleurer…

    Se faire mal aide parfois, je l’ai appris récemment, en remontant sur un tatami. Le combat dans un environnement « réglementé » te permet de pousser ton corps jusqu’à ses limites, de déchaîner en partie ta violence, sans qu’on te prenne pour un fou, sans conséquences pour ta vie (cf ton billet sur l’injustice), parce que, malgré tout, tout reste sous contrôle. Le problème c’est qu’il faut « orienter » le Mal vers la colère plutôt que le désespoir avant de commencer, et ça demande parfois beaucoup d’énergie…

    Il y a une petite quinzaine d’années, j’ai découvert le Metal (la musique), et, sans que je sache pourquoi, j’ai su que ça m’aiderait, que ça contenait cette chose que je recherchais depuis des années dans la musique sans pouvoir la nommer et dont j’avais besoin pour tenir le Mal à distance…

    Et le reste du temps, j’ai mes potes Rhum et Valium, mais j’évite de les faire se rencontrer…

    • Agoaye

      2 juillet 2014 at 15 h 03 min Répondre

      Eh bien je trouve que si, tu as su le gérer plutôt pas mal… Plus sainement que moi !

      (Bon après moi le jour où je ferai du sport il tombera des paquets de merde…) ^^

      • Le Groumph

        2 juillet 2014 at 15 h 18 min Répondre

        Ouais mais bon, j’espérais qu’en vieillissant ça disparaîtrait et en fait non… Je gère pas, je suis sur un bateau dans la tempête et je ne suis pas encore tombé à l’eau, c’est tout…

        • Agoaye

          4 juillet 2014 at 17 h 37 min Répondre

          Ça ne peut pas disparaître par enchantement… Faut bosser dessus !

  • […] ses fesses à n’importe qui, ne pas aller jouer chez la voisine sans le dire avant, ne pas se faire mal exprès (ça, c’était un problème), ne pas mentir, ne pas voler, ne pas mettre le pain à […]

  • […] mes forces et mes faiblesses sans pour autant en être lavée. Bien sûr le plus gros est terminé. Je ne me coupe plus, je ne teste plus… J’ai même peur de la mort […]

  • Charly

    10 février 2015 at 18 h 31 min Répondre

    Je me promenais sur ton blog, et le titre de cet article m’a interpellée, parce que je l’ai trouvé extrêmement juste.
    Je me suis mutilée, moi aussi, à l’adolescence, pour d’autres raisons que les tiennes (du harcèlement poussé à l’extrême). Mais la finalité, ce que je recherchais dans les coupures, c’était comme toi.

    Merci pour ton témoignage, ça fait du bien de savoir qu’on n’est pas seul <3

    • Agoaye

      11 février 2015 at 14 h 25 min Répondre

      <3

      j'ai essayé de mettre des mots dessus, des justes. Tant mieux si j'ai réussi.

      J'espère que tout va mieux pour toi

  • Emma

    21 février 2015 at 16 h 35 min Répondre

    Quand je me coupais, c’était avec une lame de rasoir. Et ce n’était pas pour faire sortir le mal, c’était pour me sentir vivante et avoir le contrôle. Je contrôlais mon geste à la perfection et la douleur me rappelais que j’étais toujours en vie. Aujourd’hui j’ai encore honte de ses marques même si elles datent. Je peux les cacher vu qu’elle sont le long de mon bras vers mon aisselle mais pas en été si je met des débardeurs et vu les cicatrices, le coup du chat qui m’a griffé ne marche plus.

    • Agoaye

      21 février 2015 at 16 h 38 min Répondre

      Tu t’es renseigné sur la technique du laser pour les camoufler ?

  • Emma

    21 février 2015 at 16 h 42 min Répondre

    Nope! j’étais pas du tout au courant! mais faut voir les prix, j’ai beaucoup de problèmes financièrement alors faut que je vois ça.

    • Agoaye

      21 février 2015 at 16 h 45 min Répondre

      Ah oui alors oublie, tout ce qui est fait au laser est globalement super cher :(

  • […] retrouvé la sensation d’être vivante au moment même où il a piqué la première fois. Comme quand je me mutilais. Une sensation de douleur externe qui compensait agréablement la peine […]

  • […] de cet après-midi. Je souffre grandement ! Mais au moins la douleur est externe, ça me rappelle l’époque lointaine des mutilations… Amitiés : lâcher-prise Love : lâcher-prise Sorties : Hier j’ai été voir Frank et […]

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