Le chevelu qui avait une pièce à repeindre.


Ma vie de célibataire / lundi, mars 12th, 2018

Second billet de cette rubrique intitulée « le chevelu qui… » et faisant un petit tour d’horizon des chevelus de ma vie. Et cette fois, je vous présente ma toute première prise sur Adopte ! Welcome !!

Voilà quelques années déjà que je voue un culte aussi passionnel qu’inexplicable aux hommes aux cheveux longs. Denrée rare ? pas vraiment…
Faut dire que j’en ai croisé… j’en ai connu… j’en ai charmé… et j’en ai jamais gardé !
Visite guidée ;)

2008, j’approche de la trentaine et je me dis que tant qu’à faire, autant essayer de mettre toutes les chances de mon côté et m’inscrire sur ce tout nouveau site rose et noir, j’ai nommé AdopteUnMec !

Une fois le mode recherche apprivoisé, je parcours les profils des chevelus alentours et je tombe immédiatement sous le charme de celui de Jules, 34 ans, parisien, avec une gueule d’ange et des cheveux longs, raides, soyeux… Bref, parfait !
Son annonce est concise mais intelligente. Bref j’engage la conversation et nous échangeons durant les jours qui suivent.

D’heure en heure je m’accroche un peu plus à chaque fois. Faut dire que le bonhomme est assez fascinant… Je vous lis sa bio trouvée dans les méandres du net :

Écrivain, poète, chercheur d’inspiration transdisciplinaire, Maître es Lettres, chargé de cours à la Sorbonne Nouvelle (2004/2006), conférencier, consultant en Sophrologie et professeur de Sophrologie, il a publié de nombreux ouvrages, poèmes et articles relatifs aux pouvoirs de la parole et de la conscience, en étroite relation avec la philosophie occidentale et orientale.

Arghhhhhhhhhh. Tout ce qui, du haut de mes 28 berges, me fascine au plus haut point. Si en plus il avait été bassiste dans un groupe de rock, je pense que j’aurais pu le kidnapper ! (quoi que ça aurait fait un patchwork un tantinet bizarre quand même).

Lorsque nous avons abordé l’idée de nous rencontrer, vous imaginez bien que mon cœur a cessé de battre pendant au moins un quart d’heure (mais non je n’exagère pas), et même si sa proposition de le retrouver directement chez lui aurait dû faire naître chez moi un signal d’alarme, j’ai décidé de l’ignorer et de rester sur mon petit nuage de coton rose pastel.

Le fameux soir venu, j’étais dans un état de transe presque absolue… Je me suis rendue dans son petit appartement parisien avec mon plus joli sourire et des papillons dans le ventre… Si j’avais su…

Alors pour tout vous dire, je ne me souviens absolument pas ce que nous avons fait de notre soirée, mais il me semble qu’il m’a parlé de son appartement qu’il était en train de transformer en cabinet de sophrologie, je crois l’avoir écouté… Pendant très longtemps… Il parlait de lui… De cet endroit… Nous buvions du thé… Et je contemplais sa grande beauté.

Putain qu’il était beau !

C’est ainsi que lorsqu’il m’a demandé : « Veux-tu dormir ici ce soir ?… » j’ai instantanément perdu tout sens de la réalité, j’ai tout de suite imaginé la plus belle, la plus sensuelle nuit de ma vie, et j’ai oublié d’écouter la fin de sa phrase : « … comme ça tu pourras m’aider à peindre demain ».

Nous nous sommes couchés très chastement sur son futon (ou autre connerie orientale en bois et coton qui fait mal au dos) et j’ai écouté sa respiration devenir plus profonde. Je regardais ses cheveux dans le clair de lune, et si j’avais réussi à intégrer l’histoire de la peinture qui m’attendait le lendemain matin, j’imaginais encore ça comme quelque chose de mignon et sexy… Il allait m’en mettre sur le nez, nous ferons une bataille de pinceaux et nous finirons par une étreinte passionnée dans un camaïeu de Dulux Valentine.

Pour le moment, la seule étreinte à laquelle j’avais droit, c’est son poids mort lorsqu’il se retournait dans son sommeil, imaginant qu’il était seul dans son lit…

Lorsque nous nous sommes réveillés, la jolie promesse de la peinture en duo n’a pas tenu la distance face aux salopettes bleues et aux rouleaux dégoulinants. Ce n’était pas mignon, c’était encore moins sexy et j’étais crevée parce que j’avais très mal dormi.

Je ne sais plus combien de temps ça a duré, mais je me souviens de la couleur… Coquille d’œuf !
Il me parlait encore de lui et de la symbolique de son dernier recueil de poèmes dédié à une prostituée…
Je commençais doucement à en avoir un peu marre.
Il était toujours aussi beau mais il me faisait un peu chier.

C’est lorsque la pièce a été terminée qu’il a enfin daigné me récompenser pour mon dur labeur.

Un baiser. Tendre et passionné sur le pas de sa porte.
Retour à la case départ de la nana complètement gaga.
J’avais retrouvé mon petit nuage (et ma voiture avec un PV de stationnement).
En rentrant j’ai même acheté son livre sur Amazon, celui de la pute… Je l’ai toujours !

Je n’ai jamais revu Jules.
Il est parti en Inde et s’est marié peu après avec la fille d’un patriarche.
Il est formateur de sophrologie et organise des retraites dans des endroits isolés.
Il s’habille de draps oranges, ne vieillit pas et participe régulièrement à des rubriques dans Le Monde.

Il est doué pour tout… Sauf pour la peinture !

Ciao Chevelu sage !

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20 réponses à « Le chevelu qui avait une pièce à repeindre. »

  1. Baaah ! Mais non !
    Le mec qui te sert du thé pendant un RDV, qui dort dans une saloperie de futon et qui te roule même pas une misérable pelle avant d’aller au lit avec lui, ça me vend pas, mais alors pas du tout du rêve !
    Mais ça doit être parce que je suis alcoolique et que j’adore rouler des pelles ! (mais quand même, il aurait pu faire un effort)

    1. Ouais…. J’étais jeune et crédule, mais si ma « moi d’aujourd’hui » pouvait se transposer dans le même appart avec le même mec à l’époque, j’aime autant te dire que ça ne se serait pas passé pareil !

      1. Moi aussi j’ai une ou deux pièces à repeindre.
        Je veux même bien faire le thé.
        Par contre aucun bisou ne sera proposé. Une poignée de main sincère et franche.

          1. Sur le coit ça reste non (mais je soupçonne une taquinerie ) pour la vodka je peux pousser jusqu’a une bière.

  2. Oh merde, je le connais ! Dès que j’ai lu sa bio, ça a fait tilt ! :)
    La fille avec laquelle il s’est marié était une amie de ma meilleure amie. Je me rappelle l’avoir rencontré dans un bar bobo du cinquième arrondissement, il se la racontait énormément… Il était assez vexé que ma meilleure amie et moi ne soyons pas sous son emprise, du coup il en faisait des caisses. Ceci étant, je vois passer des publications sur Facebook de temps en temps et il a l’air beaucoup plus épanoui aujourd’hui que le jeune homme imbu de lui-même que j’ai rencontré.

    1. Oh je ne sais pas…
      Tu sais que je change tout dans mes billets… Alors ce n’est pas son vrai prénom, ni les bonnes années, ni la bonne fac, ni la bonne discipline ni encore le bon journal. Je prends des équivalences à chaque fois.

      Par contre pour les cheveux c’était la vérité ;)

  3. Il y a des choses qui divergent effectivement de la personne que j’ai en tête, je me doute bien que tu ne vas pas coller son pedigree tel quel sur ton blog :) Si ce n’est pas lui, la coïncidence est troublante, surtout avec la fin ! Il y en aurait donc deux comme lui ! ;)
    S’il a un nom qui prête à sourire, par contre…

  4. Elle est vraie cette histoire ?! OMG, c’est incroyable comme coup !!!! :O

    Ma pauvre, tu t’es un peu fait avoir… en même temps, c’est vrai que le descriptif fait rêver ! Le reste, nettement moins !!!

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