Le jour où… j’ai acheté un poussin à l’animalerie !


Ma vie de gaga d'animaux / mercredi, janvier 8th, 2014

le jour ou copie… j’ai acheté un poussin à l’animalerie.

Elle est entrée dans ma vie en 2000, lorsque j’ai eu la bonne idée d’aller fourrer mon nez chez Truffaut au mois d’avril. Pour Pâques, des poussins étaient proposés à la vente.
10 francs le poussin jaune.
15 francs le poussin noir, future poule pondeuse.

Moi j’ai pas hésité une seconde, j’en ai pris un noir, à la limite je me fichais qu’elle ponde un jour ou pas, moi ce que je voulais c’était sortir de l’ordinaire, et pis j’suis curieuse, un poussin noir donnera quelle couleur de poule à votre avis ?
Et me voilà revenue chez Môm (j’vous raconte pas sa tête !) avec un petit poussin piaillant dans une boîte. Dans la voiture déjà, le nom était choisi : Francine !

Francine m’avait adoptée comme maman, quand j’étais là tout allait bien mais lorsqu’elle ne me voyait plus elle devenait affolée et courait en tous sens, complètement perdue ! Sachant que les poules ont une vision du mouvement, il suffisait que je me plaque contre un mur sans bouger pour qu’elle devienne hystérique car elle pensait que je n’étais plus là.
Je lui avais aménagé un petit nid  dans une grande cage placée devant le radiateur de la salle de bain, seul inconvénient : il fallait que je la berce, sinon elle ne s’endormait jamais et piaillait toute la nuit, un vrai bébé.
Je lui faisais manger une bouillie à base de pain et de lait à l’aide d’une seringue, un vrai bébé n°2.

Je ne sais combien de ses petites copines de Truffaut ont survécu, mais Francine s’en est relativement bien sorti. Deux mois environ après son acquisition, nous avons enfin pu faire chambre à part, elle était à présent assez grande pour dormir toute seule, dans son poulailler !
Le poulailler en question était un ancien abri de jardin, lui même ancien poulailler, adossé à deux cloisons stables de la maison et situé dans la petite cour fermée qui séparait ma chambre avec le jardin. Là-bas, elle ne risquait rien : ni courants d’air, ni animaux nuisibles.
Je fermais la porte tous les soirs lorsqu’elle état partie se coucher.

A propos, aucune phrase n’est plus exacte que celle-ci : « se coucher avec les poules« . Francine était dehors toute la journée à gratter dans le jardin pour dénicher un bon petit ver ou pour se mettre en boule tranquillement sur le paillasson afin d’observer l’activité ambiante, mais dès que le jour déclinait, elle filait se percher (le plus haut possible, instinct de conservation anti-renards) sans rien dire à personne.

Francine était très heureuse : quand ma grand-mère faisait le jardin, la poule était constamment dans ses pattes, évitant de peu un coup de bêche ou de râteau, elle était tellement au taquet que parfois il fallait l’enfermer.
Lorsqu’un intrus osait s’aventurer dans les limites du terrain, il n’y avait pas meilleur système d’alarme : Francine se mettait à gueuler si fort que même devant la télé on l’entendait. Souvent c’était à cause des chats du voisin (qui avaient plus peur d’elle qu’elle d’eux – elle leur aurait facilement crevé un œil s’ils lui avaient couru après, aucun ne s’y est jamais risqué -) mais aussi lorsque nous avions une visite.
En revanche, elle ne hurlait pas quand c’était nous, Francine a toujours reconnu les membres de la famille. Quand c’était Mamie, elle courait pour avoir à manger (ouais, si Mamie revenait de quelque part, c’était souvent du marché), quand c’était Môm, elle levait la tête pour se faire caresser entre les barbillons (les deux morceaux de chair écarlate qui pendent de chaque coté du bec des volailles). Quant à moi, elle ne me demandait rien mais était contente de me voir, j’étais sa maman quand même, ne l’oublions pas !

Elle semblait bien reconnaître des mots simples comme son nom ou « manger« , « non« , les tons de reproche ou de compliment et surtout le fameux « sors de la maison » !
Car l’été lorsque la porte de la maison restait ouverte pour aérer, la poule débordait souvent de son territoire qu’était le paillasson : elle entrait carrément jusque dans le couloir pour voir ce que nous faisions et avoir de la compagnie (les poules vivent à plusieurs logiquement, elle était seule, alors nous étions sa bande)…
Qu’est ce qu’elle était discrète, impressionnant… On ne remarquait de sa progression que l’ombre de sa silhouette s’agrandissant dans le couloir.

Une poule est omnivore et mange absolument de tout ! On a juste évité le poulet (déontologiquement) et les œufs. Il parait que si une poule prend goût à en manger, elle n’hésite pas à casser les siens pour en profiter.
Évidemment, ses mets préférés restent ceux qu’elle se procure toute seule comme les vers de terre ou les escargots, bien qu’elle ne rechigne pas non plus pour certaines grosses araignées (bien pratique d’ailleurs : vous prenez la poule, vous la posez devant l’araignée, vous lui montrez en tapotant du doigt à quelques centimètres de l’araignée et le tour est joué, plus d’arachnide et une poule nourrie ! Propre, rapide, écologique).
Ce qu’elle aime ? Croûtes de fromage, pain frais, biscotte trempée dans l’huile, graisses en tous genres, têtes de crevettes, restes et épluchures… Mais il ne faut pas croire que Mademoiselle ne soit pas difficile, elle trie à grands coups de becs pour ensuite sélectionner ce qu’elle engloutira en premier.

Il faut faire attention à ce qu’elle boit, il faut une eau propre et fraîche dans un récipient adéquate à sa manière de boire car la poule trempe le bec et renverse la tête en arrière pour que l’eau glisse dans sa gorge, elle ne sait pas aspirer. Si elle ne boit pas assez c’est inquiétant mais si elle boit trop également : ça pourrait être la pépie (une maladie bizarre où la guérison passe par l’arrachage de la langue de la volaille – selon ma grand-mère -), super classe !

Vers ses 4 mois et demi, Francine a enfin commencé à accomplir son travail de poule : un tout petit œuf est arrivé un jour de printemps.
Elle a continué à pondre tous les jours pendant plus de 3 ans. Des œufs si bons que même ceux achetés au marché ne supportaient pas la comparaison.
Après chaque œuf, Francine couvait un petit moment puis abandonnait son magot pour aller chanter à tue-tête histoire de nous faire comprendre qu’elle était vachement contente et plutôt fière d’elle. Évidemment, moi qui dormait jusqu’à midi à cette époque, je l’étais beaucoup moins.

Les années ont passé et Francine est devenue une belle grande poule noire et rousse aux yeux cuivrés. Tous les passants, en la voyant dans le jardin s’exclamaient : « Ohhhhhh ! Un coq !« .
Elle atteignit son âge adulte bien tranquillement en vagabondant et creusant des trous dans la terre sèche pour s’enterrer. Oui, les poules s’enterrent pour se gratter et se déparasiter, elles adorent ça. Ma grand-mère, fana de plantations, beaucoup moins !

Le passage obligé pour une poule « domestique », c’est lui couper les ailes. Je vous vois vous dresser mais pas d’inquiétude, croyez-vous réellement que je puisse un jour faire du mal à un animal ?
Pour empêcher la volaille se faire de très grands bonds grâce à ses ailes (car une poule ne vole pas mais peut parcourir plusieurs mètres en battant des ailes) il faut couper les extrémités des plumes, je l’ai fait régulièrement en égalisant bien des deux cotés pour que ce soit une belle petite poule avec la coupe au carré. On a la classe ou on l’a pas !

En parlant de plumes, sachez qu’une poule mue. Une à deux fois par an, elle perd toutes ses plumes pour se refaire une beauté.
Je n’étais pas au courant, ainsi, lorsque je me suis rendue compte que Francine perdait beaucoup, ne sortait plus et devenait agressive, j’ai un peu paniqué et me suis renseignée. J’ai appris que c’était normal qu’elle ne sorte plus (vous comprenez, elle a froid dehors) et normal aussi qu’elle ne veuille plus nous voir (vous comprenez, elle est pudique et elle a honte de se retrouver à poil…).

L’histoire se termine en avril 2004, pourtant pas vieille, Francine avait choppé une bactérie, et après tout un tas d’examens vétérinaires (je suis prête à parier qu’elle est la seule poule de France a avoir déjà passé une radio !), le traitement et mes soins attentifs, l’euthanasie a été la seule solution.

Et vous, avez-vous déjà eu des animaux domestiques « originaux » ?
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23 réponses à « Le jour où… j’ai acheté un poussin à l’animalerie ! »

  1. Tu m’étonnes à chaque lecture ;-) une poule lol !
    J’ai bien eu hamster, cochon d’inde, poissons, tortue, chats, chien… et auj tjs un chat. … mais non rien d’extraordinaire! Un furet m’aurait bien tentée… un cheval encore plus, ou un gros chat type panthère ;-) mais les peluches ça marche pas mal aussi.
    Qui sort de l’ordinaire l’attitude de mes minis félins plus chien que chat.

  2. le plus original que j’ai eu c’est un tétard (devenu grenouille), pendant quelques mois !
    Mais si je devais un jour avoir une maison, le principe de la poule me plairait bien, j’y ai déjà pensé :-)

  3. Et ben cocotte, l’histoire du diagnostic de la bactérie me rappelle plein d’anecdotes où des vétos ont prescrit des antibiotiques pour ce qui s’est avéré être de simples mal de ponte. J’ai 5 poules et un coq chiant (pas uniquement par son chant) qui emmerde d’ailleurs une poule à un point tel qu’elle vient régulièrement dans mes parages pour avoir un peu la paix. Faut dire, Mr cock manque un peu de douceur pendant l’acte, à la limite du viol parfois. Et effectivement, oeufs de poules bichonnées = trésor nutritionnel. Pas besoin d’animaux domestiques en ce qui me concerne, une faune en tout genre s’invite dans le jardin. Les oiseaux viennent jouer les critiques gastronomiques autour des graines réservées aux poules. Un hérisson que je ne vois plus a du se faire battre par Robotnik au 3ème niveau. Un chat vient s’installer en terrasse pour réclamer son menu à 0 euro,… etc.

    1. « On dirait le sud » c’est chez toi en fait.
      Je n’ai pas épilogué sur le mal dont souffrait Francine mais c’était plus du domaine de l’empoisonnement (nous avions changé de maison, donc de terrain, et dans le nouveau poussaient des sortes d’algues degueu, donc bon…)
      Quant à ton hérisson il doit être en train de dormir qq part !

  4. Je découvre votre blog grâce à cet article et il me rappelle de bons souvenirs. Je me suis occupée d’une poule lorsque j’étais chez une grande tante en Corse, elle était devenue mon animal de compagnie. Cela paraît incroyable lorsque j’en parle à mes amis.
    Votre blog est vraiment très chouette, je suis ravie de vous lire. Au plaisir !

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