Les fantômes ne meurent jamais.

012J’me rappelle plus très bien de la date, mais c’était avant Johan. C’était avant d’avoir réellement le désir de me poser avec quelqu’un.

Je papillonnais, je prenais ce qui venait, je m’en foutais un peu. Et même si j’étais sérieuse une fois avec quelqu’un, le reste du temps était un brouillard de naïveté et de séductions rêvées.

Je bossais déjà, à plusieurs endroits différents, plusieurs petits emplois précaires qui faisaient finalement un salaire tout autant précaire à la fin du mois.
Mais j’étais occupée, je découvrais ce que je voulais faire (et surtout ce que je ne voulais pas).

Thomas est venu travailler dans un de ces boulots, avec moi un jour. Je ressors ma liste et je peux vous dire.
C’était le 4 décembre 2005. Je ne l’avais jamais vu avant et je l’ai trouvé inintéressant au possible. Et puis pédant aussi. Et puis laid (surtout laid).

Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé ensuite… Le reste de notre histoire s’est déroulée sur 3 mois de passion romanesque finalement complètement floue.

Il était en couple.
J’étais l’autre.
Il me disait que nous ne nous étions pas rencontrés au bon moment.

Je ne sais pas comment il a réussi au final à me faire tomber irrémédiablement amoureuse. Au point de bien vouloir me cacher, au point d’accepter d’être celle qui souffre à peu près autant qu’elle fait souffrir cette autre femme qu’elle ne connaît pas. Au point de m’écraser !

Nous partions en week-end, loin, dans le sud. Nous vivions dans des hôtels. Nous baisions comme je n’ai jamais si bien baisé. Nous étions clairement clandestins, lui plus que moi et moi assez différemment.

Plus le temps passait et moins je supportais ma position, alors j’ai rué dans les brancards assez rapidement. Il devait faire un choix… Avec moi il avait tout de mieux ! Mais avec elle il jouait au tennis… alors il hésitait !

Comme la majeure partie des hommes avec qui j’ai eu des relations, Thomas n’avait pas les couilles. Alors il a préféré fuir que de faire son choix.
Il nous a fui toutes les deux, c’était plus sûr. Du moins c’est ce qu’il croyait… S’il était resté chez elle il aurait au moins pu intercepter le colis préparé par mes soins à l’adresse de sa copine. Tous ses écrits, tous nos textos, toutes les preuves et toutes les photos (en tirage 15×30 pour celles de son pénis).

Pour le reste je ne sais pas. Aucune idée de ce qui s’est passé ensuite. Est-il rentré ? chez elle, ailleurs ?
Mes exs disparaîssent de ma vie. Ils meurent de mon esprit et c’est l’unique moyen que j’ai de me reconstruire, moi. Le 22 mars de l’année suivante je l’ai rayé de ma vie. Définitivement.


 

Il y a peu, j’ai été forcée de sortir.

Une connaissance a voulu tromper ma dépression et s’est innocemment dit qu’un verre et un resto pourrait d’un seul coup d’un seul me guérir de toutes mes malheureuses circonvolutions cérébrales.
J’ai voulu l’aider à avoir bonne conscience et j’y suis allée.

A la fin de la soirée, nous discutions devant l’entrée du métro et le flash fut violent. Un visage, un seul dans mon champ de vision. Un seul point net dans tout le flou qu’est soudain devenu le monde autour. Thomas. Là. Avec une nana (bon ça on s’en fout), mais Thomas !

Mon accompagnateur a juste eu le temps de me voir blêmir puis enfoncer ma tête dans le lierre à ma droite. Je tremblais et j’étais choquée. Nous avons du reprendre un verre, afin de me calmer.

 

Un fantôme… Un parmi tous ceux que je paierais pour ne plus jamais les croiser de ma vie. Il était là, le dimanche 22 mars 2015 vers minuit et demi.
Mon fantôme que j’ai extirpé de mon cœur le 22 mars 2006…

Les dates sont des salopes.

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Published by Agoaye

Dans un univers parfait, Agoaye aurait Hugh Jackman pour boyfriend, un budget informatique/nouvelles technologies illimité et une carte haute-fidélité chez Lush…
Dans notre monde, la réalité est bien différente !

40 Comments

  • fedora

    7 avril 2015 at 8 h 21 min Répondre

    Oh purée… effectivement, ce sont des salopes ! (elle a du trouver ça rigolo ton colis, la nana… C’est histoires-là finissent souvent mal… même quand on dirait qu’elles finissent bien… arf #souvenirs #soupirs…)

    • Agoaye

      7 avril 2015 at 15 h 48 min Répondre

      Rigolo j’suis pas sûre…
      Je ne sais même pas comment moi je l’aurais pris, enfin en tous cas elle a su la vérité quoi !

      • fedora

        7 avril 2015 at 15 h 52 min Répondre

        quand j’ai été certaine que mon mec me trompait, j’ai envoyé un mail très digne et très clair à TOUS ses contacts mail (y compris à sa très jeune maitresse)… Le monsieur n’a pas beaucoup aimé ^^ moi oui :)

        • Agoaye

          7 avril 2015 at 15 h 59 min Répondre

          :) C’est très compréhensible

  • EmilieSunny

    7 avril 2015 at 8 h 49 min Répondre

    J’ai beaucoup souri au début car le couplet du gars laid, pédant, inintéressant qui nous fait tomber amoureuse, j’ai eu aussi..grande admiration pour toi qui a osé envoyer tout ça à son ex, moi je n’ai pas osé (quand j’ai appris qu’il s’était remis avec)….
    Mais sinon oui, parfois certaines coïncidences sont troublantes…

    • Agoaye

      7 avril 2015 at 15 h 50 min Répondre

      Elles dirigent ma vie (les coïncidences)…

      Je ne sais pas si j’ai bien fait, à la réflexion c’était un peu mesquin…

  • La mère dodue

    7 avril 2015 at 9 h 24 min Répondre

    je ne te suivrai pas quand tu écris que « tes ex meurent de
    ton esprit et que c’est l’unique moyen que tu as de te reconstruire, toi ». Si c’était le cas, la reconstruction devrait te permettre de passer outre ces instants particuliers qui ne sont finalement pas si impossible à survenir que ça.

    Tu sais, je pense que tu confonds « fuite », « tentative d’oubli » et reconstruction. la vraie reconstruction, c’est celle qui va te rendre plus forte (et qui passe par une phase difficile : on doit souvent détruire pour reconstruire quelque chose de sain, mais de plus solide également) pas celle qui va s’effriter quand l’élément « destructeur » revient dans ton champs de vision.

    Ne prends surtout pas mal ce que je t’écris, ce n’est pas mon intention de te blesser hein, mais je ne peux pas aller dans ton sens si je n’y crois pas ;-)

    • Romain Volcos

      7 avril 2015 at 9 h 49 min Répondre

      Je partage complètement tes mots, et plutôt que de les répéter, je plussoie.

    • Agoaye

      7 avril 2015 at 15 h 56 min Répondre

      Mais s’ils meurent, ça veut dire que je ne les vois plus. D’où le choc ultime quand finalement je les revois (9 ans après en plein Paris à un endroit où on avait même pas l’habitude d’aller ensemble, un samedi soir ? Putain faut vraiment que le monde soit mal foutu quand même hein…)

      La fuite je l’aime d’amour… C’est la seule chose que je sache faire vraiment bien. C’est dans les gênes finalement hein, merci au géniteur qui s’est barré à mes 2 mois. Comment veux-tu que je fasse autrement ?

      Je ne prends pas mal ton commentaire ne t’en fais pas, mais sachant que de toutes façons je n’ai aucun autre choix, alors je ne serai jamais plus forte et la fuite restera mon option privilégiée. (Et ça va bien avec mon plan de vie finalement – la campagne, l’autonomie, la solitude et la déchéance… http://www.agoaye.com/an-2064/ )

      • La mère dodue

        8 avril 2015 at 15 h 18 min Répondre

        bien sur que si d’autres choix existent, simplement ils demandent une remise en question de ta propre façon de « penser », « de faire », qui n’est pas la chose la plus aisée aujourd’hui. Mais demain?

        et puis, une chose est certaine, tu as beau être la fille de ton père, ce n’est que par le spermatozoïde valeureux, certainement pas par les choix que tu fais ! ton père est ce qu’il est, mais tu as le droit ET le choix d’être différente ! et je sais de quoi je parle pour le coup….

        tu me demandes comment faire autrement? je n’ai pas de solutions miracles, mais ce que les quelques années qui nous séparent m’ont appris, c’est que tant que tu ne vivras pas pour toi mais pour ou en tous cas avec les fantômes de ton passé, tu resteras engluée dans une vision trop limitée de ce que tu es réellement. C’est à dire une femme à part de ton père et des autres casseroles qui t’ont faite souffrir. Parole de casserolière !

        • Agoaye

          9 avril 2015 at 19 h 32 min Répondre

          Ah mais si je me remets en question sur ça aussi il ne me restera plus rien…

          Je remets déjà en question mon boulot, mon lieu de vie, ma manière de consommer, mes croyances et principes, mes implications, mon rapport à mon contemporain…

          pfff… Je ne suis qu’un amalgame de remises en questions en ce moment, laisse moi mes ex :)

  • Marie Kléber

    7 avril 2015 at 11 h 51 min Répondre

    Jamais facile de recroiser un ex (enfin j’imagine) même quand on pense avoir fait son deuil, avoir passé l’éponge. Moi je crois qu’il y a toujours un truc, les dates surtout que je déteste moi aussi, qui nous ramène à eux quand leur visage refait surface.
    Tumbs up pour le carton. Je retiens l’idée quand même…

    • Agoaye

      7 avril 2015 at 15 h 58 min Répondre

      Je voulais me débarrasser… :)

  • Miss Pivoibulle

    7 avril 2015 at 14 h 57 min Répondre

    Ah les ex…Ils ont fait partis de nos vies et y restent à leur façon je crois, leur pas-sage, nous construisent d’une certaine façon que nous soyons les quittées ou celles qui partent. Les croiser nous ramène parfois toute cette tristesse et cette douleur que nous avons eu tant de mal à évacuer avant de tourner la page et font remonter plein de questions..Effectivement revoir quelqu’un à qui nous avons donné un peu beaucoup de notre palpitant c’est loin d’être évident (et en lus ça arrive souvent quand nous avons la tête dans le foin, la tenue pilou confort du dimanche lol)

    • Agoaye

      7 avril 2015 at 15 h 58 min Répondre

      Ouais, tu vois j’aurais pas été en pleine dépression si ça se trouve j’aurais été l’affronter. Là je me suis cachée, il ne m’a pas vu

  • Valérie WonderMômes

    7 avril 2015 at 17 h 07 min Répondre

    Oups :-(

  • retourdelessentiel

    7 avril 2015 at 18 h 23 min Répondre

    c’est toujours au moment où l’on s’y attend le moins, que ce genre de situation arrive, peut être le destin en effet, mais je pense que si cela est arrivée c’est qu’il y a une raison, on ne croise jamais des fantômes sans raison, peut être pour te rappeler de ce que tu ne veux surtout pas, le moteur peut être pour remonter la pente.
    C’est pas simple tous ça, j’espère que tu trouveras le moyen d’aller mieux.

    • Agoaye

      7 avril 2015 at 20 h 40 min Répondre

      Je te remercie… S’il y a une raison, un message, alors je vote pour : « mais pourquoi tu t’obstines à sortir de chez toi et à avoir une vie sociale connasse, tu vois bien que tu ne peux pas ! »
      :))

  • Nathalie Ziegler

    7 avril 2015 at 18 h 27 min Répondre

    Désolée si j’ai mauvais esprit , mais moi ça me fait rire !

  • flipperine

    8 avril 2015 at 18 h 34 min Répondre

    tout d’abord je n’aurai pas réagi de la même manière que toi, je n’aurai pas eu d’aventures avec cet homme et si plus tard je l’avais croisé je serai passée droite devant lui sans le regarder

    • Agoaye

      9 avril 2015 at 19 h 33 min Répondre

      On ne choisit pas de qui on s’éprend, malheureusement

  • Wuagift

    9 avril 2015 at 21 h 21 min Répondre

    Fanthomas a encore frappé…

  • Le Blogueur Zen

    9 avril 2015 at 21 h 29 min Répondre

    En lisant la première partie de ton billet, j’ai l’impression que tu t’imaginais que ce jeune homme infidèle le serait avec toi lorsque tu deviendrais sa conjointe. Je sais ô combien la passion altère nos facultés cognitives mais je ne peux m’empêcher de penser cela étrange.

    • Agoaye

      9 avril 2015 at 22 h 28 min Répondre

      Ah non…

      Je savais pertinemment qu’il ne quitterait pas sa blonde pour moi, et quant bien même il l’aurait fait, je n’avais pas pensé aussi loin. Je suis très mauvaise en anticipation, ça ne m’amuse pas.

      • Le Blogueur Zen

        9 avril 2015 at 23 h 09 min Répondre

        Tu « savais » qu’il ne la quitterait pas mais tu lui demandes malgré tout de choisir. Puis tu t’efforces de lui créer des problèmes parce qu’il a fait ce à quoi tu t’attendais. Toujours aussi étrange… ^^

        • Agoaye

          10 avril 2015 at 0 h 08 min Répondre

          Être une machine et ne rien ressentir aurait été la meilleure solution…
          Malheureusement je suis humaine :/

          Bon, et étant donné que je considère inutile de chercher à me justifier (surtout auprès d’un inconnu concrètement), je m’arrête là.

  • Petite ombre

    11 avril 2015 at 11 h 41 min Répondre

    ah bah dic donc, quel truc de fou concernant la date!

    • Agoaye

      11 avril 2015 at 13 h 47 min Répondre

      Mais tu as vu ça ? J’ai halluciné quand je m’en suis rendu compte en rédigeant mon billet

  • G33k

    16 avril 2015 at 10 h 03 min Répondre

    J’aime à penser que l’histoire/avenir/futur n’est pas écrit quelque part et que le hasard existe (même si on peut le provoquer… mais c’est un autre débat).
    Mais j’avoue que souvent je doute. Il y a des situations tellement hallucinantes comme celle que tu décris que je me dis qu’il y a un truc qui contrôle nos vies qui doit parfois bien se marrer !

    • Agoaye

      16 avril 2015 at 20 h 50 min Répondre

      C’est assez ironique oui. Et il y a beaucoup d’exemples comme ça dans ma vie… Je ne sais pas !

  • Claire

    30 août 2015 at 23 h 06 min Répondre

    Quand les émotions s’en mêlent et que l’esprit se coupe de la conscience !
    « Maux dits mots mêlés »
    femme; fatals picards; maîtresse; trompée; par son; amant; fantôme; déchiré; par ses ruptures amoureuses… ça fait mal !

    Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre,
    C’est regarder ensemble dans la même direction.

    • Agoaye

      31 août 2015 at 21 h 10 min Répondre

      « déchiré » ne fait pas tant partie de mon vocabulaire…

  • Mouss et Compagnie

    14 juin 2016 at 9 h 16 min Répondre

    j’ai tellement peu d’ex… que … je ne sais pas trop si je les recroiserai, ni comment je réagirai…. en fait je crois que je m’en fou… je me dis que si je n’étais pas assez bien pour eux à l’époque, et que j’ai survécu, c’est qu’ils n’étaient pas assez bien pour moi non plus finalement…
    Mais le mal ressenti à ce moment là (tout comme le bien d’ailleurs) te façonne et fait de toi ce que tu es aujourd’hui… du coup, toi tu oublies peut-être, mais pas ta mémoire, ta conscience, ton expérience, appelle ça comme tu veux ;)

    • Agoaye

      3 juillet 2016 at 20 h 57 min Répondre

      Oui, bien sûr que ça m’a changé… J’avais écrit là-dessus un jour où j’étais positive…
      Mais ça ne me fait tout de même pas plaisir de les revoir !

      • Mouss et Compagnie

        4 juillet 2016 at 21 h 15 min Répondre

        oui je peux le comprendre… ce qui est derrière nous, on aimerai que ça y reste…

        • Agoaye

          13 juillet 2016 at 21 h 41 min Répondre

          C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour cicatriser correctement !

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