L’injustice qui me désarme.

001Soyons francs : je suis plutôt une dure à cuire…

Après ce que j’ai vécu, après la quantité de souffrances, de trahisons, d’embarras, de tromperies, de fausses routes et de prises de distance, fondamentalement on ne peut pas trop trop me traiter de princesse ou d’émotive chronique.

Sérieusement je ne me surestime pas en disant que j’encaisse la douleur plutôt pas mal, que je supporte les situations extrêmes (attendez, j’suis quand même en toute petite section depuis plusieurs mois !!!) et que je n’hésite pas trop à ramener ma très grande gueule quand les choses me dérangent ou m’inspirent.

Mais pas toujours.

Mais pas quand je sens que c’est pas juste, que je suis laissée pour compte, qu’on fait preuve d’injustice.

Fête de l’école – Acte moins un

Je ne connais pas les enfants de 3 ans. Mais je dois monter un spectacle et les faire danser devant une multitude de parents que je ne fréquente que depuis quelques semaines.

L’équipe me dit de ne pas m’affoler quand ils s’aperçoivent de mon air aussi inspiré que celui d’une limande sole sous Lexomil quand j’essaye de réfléchir à une chorégraphie. On me dit qu’on va m’aider

 

Fête de l’école – Acte zéro

J’me suis démerdée toute seule à faire ma choré (enfin non pas seule, avec mon atsem qui est une crème à la chantilly en or), mais j’ai eu l’idée, j’ai eu les pas, j’ai retouché la musique, et nous les avons entraînés tous les matins pendant près de 6 semaines. Seules…

Pas une seule mutualisation d’aucune sorte. Pas une seule proposition d’aide, pas une seule question pour savoir si tout roule.

 

Fête de l’école – Acte un

J’ai dormi 3 heures car je devais préparer ma commande pour mon poste suivant et que je n’ai eu le catalogue que le midi de la journée marathon précédente. J’ai failli crever en me levant, de fatigue et de ras-le-bol…
Ce matin les TPS sont des zombies, il est difficile de les motiver, il faut que nous-même ayons une énergie et une positivité contagieuses, c’est plus dur que d’habitude.

Le directeur est prévenu que je répéterai sur l’estrade à 9h00

 

Fête de l’école – Acte deux

Ma pétasse de collègue a profité de mon passage aux toilettes pour précipiter ses 27 gamins sur l’estrade. Je dois faire patienter les miens…

 

Fête de l’école – Acte trois

17h00 Les vent est levé et les tentes dressées dans la cour sont en train de s’envoler. Je suis la seule enseignante (au milieu des atsems et du directeur) qui essaye de les retenir. Les autres sont au chaud dans leurs classes et nous regardent discrétos par leur fenêtres.

 

Fête de l’école – Acte quatre

18h00 Les parents sont presque tous là. Les enfants sont habillés et piaffent d’impatience. Nous passons entre deux averses.

Puis entre les ondées suivantes, j’aide mes collègues à faire monter leurs élèves, à ramasser leurs accessoires, à repousser les gens sur leur passage. Dois-je préciser que mon Atsem et moi avons géré notre classe toutes seules ?

 

Fête de l’école – Acte cinq

Je me suis pris la porte dans le dos environ 65 fois, on me tend les choses encombrantes pour en être débarrassées, on ne dit pas merci et on me bouscule.
Au micro, le directeur clôture les festivités en remerciant les collègues qui partent à la fin d’année. Je n’y suis pas. Je ne suis nulle part.

Une maman est venue me voir en me disant qu’elle avait beaucoup aimé : UNE… J’ai juste failli pleurer quand elle me remerciait.

 

Fête de l’école – Acte six

Ma collègue piqueuse d’estrade (et accessoirement distributrice officielle d’informations diffamatoires sur mon compte au sein des établissements voisins) discute avec sa stagiaire pendant que je me tape des centaines d’aller-retour de bancs pliés à ranger.
Lorsque je m’arrête (parce qu’il n’y a plus de place sur la remorque pour empiler les bancs), elle me bouscule pour prendre part à la conversation.

Je voudrais la pousser à mon tour, la prendre par le bras et lui demander de s’excuser, comme on fait aux enfants. Mais je ne peux pas, j’en ai trop eu, tout serait sorti et ça aurait été disproportionné et ridicule… Que toute ma haine lui arrive à la gueule sous prétexte d’une petite bousculade aurait été trop incompréhensible pour son cerveau de mouette attardée…
Alors j’ai fait ce que je fais le mieux.

 

Fête de l’école – Dernier acte

Ai pris mon sac – Me suis barrée – Ai tout planté – Même pas dit au revoir – A personne

 

Lorsque je me sens traitée de manière injuste, je ne sais plus comment réagir, tout monte et forme un amas visqueux impossible à traiter avec partialité. Alors ma gouaille disparait, mon franc-parler se fait la malle et la violence apparait.

Je suis toujours en plein refus de la violence, alors je décide de fuir !

 

Et vous ? Vous préférez la violence ou la fuite ?

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Published by Agoaye

Dans un univers parfait, Agoaye aurait Hugh Jackman pour boyfriend, un budget informatique/nouvelles technologies illimité et une carte haute-fidélité chez Lush... Dans notre monde, la réalité est bien différente !

30 Comments

  • mere pas parfaite

    27 juin 2014 at 23 h 23 min Répondre

    Bah moi je gueule quand ya un trop plein de foutage de gueule (venant de(s) même(s) personne(s)) je suis une bombe ambulante, faut pas me faire chier. (J’ai essayé la méthode zen, marche pas)

    • Agoaye

      29 juin 2014 at 1 h 32 min Répondre

      Moi je suis plutôt pas mal zen dans la vie de tous les jours donc ça passe :)

  • tuxedofeline

    28 juin 2014 at 5 h 51 min Répondre

    Parfois, la « fuite » (qui n’en est pas une car là, çà tient plutôt de l’instinct de survie mentale) est la seule solution afin d’éviter une esclandre (même si elle était plus que justifiée).
    Si tu avais « explosé », çà te serait retombé sur la figure et en plus, tu aurais fait leur jeu car je les soupçonne de t’avoir ainsi malmenée afin de te faire exploser au vu de tous et de pouvoir ainsi dire bien fort : « Vous voyez, quand on vous disait qu’elle a un problème cette instit’…. ».
    Personne n’aurait pris en compte les brimades et autres vexations qu’elles t’ont fait subir pendant des semaines.
    Alors tu sais quoi, Dame Agoaye ?
    Pars discrètement sur la pointe des pieds et surtout, répètes toi, tel un mantra, cette phrase : « Je vous emmerde bandes de connasses, moi l’année prochaine, je n’essuierais plus de morve sur mes manches et n’aurais plus les mains dans le caca, vous si !!!! »
    Ta victoire sur ces pauvres femmes, elle est là !!
    Des bises et des pensées victorieuses :)

    • Agoaye

      29 juin 2014 at 1 h 35 min Répondre

      Tu as raison… Et non seulement je me barre mais en plus j’ai un secret qui me permet de tenir, et ce depuis des semaines. Dans ma tête je me le dis « moi j’ai ce truc spécial, et pas vous…. Vous ne connaitrez jamais ça avec vos petites vies étriquées de mégères coincées ! »

      • tuxedofeline

        29 juin 2014 at 5 h 58 min Répondre

        That’s it !!! :))

  • fedora

    28 juin 2014 at 7 h 16 min Répondre

    oh purée ! mais comment tu tiens le coup ???? perso, je pense comme tuxedofeline : il y a des situations où il faut mieux prendre la fuite… Je pense que celui qui s’énerve est toujours le perdant… (même si j’ai parfois des difficultés à rester calme !!) Courage, ça diminue !!!

  • EmilieSunny

    28 juin 2014 at 8 h 34 min Répondre

    J’ai trouvé une autre tactique pour éviter d’exploser : je mets mes limites beaucoup plus tôt…dès le début en fait. Une remarque, sur un ton courtois. Puis j’en rajoute une, et ainsi de suite. A la fin je serais peut être partie aussi, mais en étant moins énervée et en n’apportant pas ma colère chez moi :)
    (je dis pas que c’est 100% garanti mais ça fait du bien )

    • Agoaye

      29 juin 2014 at 1 h 38 min Répondre

      Rha mais je ne suis pas aussi mesurée que toi je pense. Ça partirait direct en queue de sucette avec moi, j’suis une passionnée :/ Dans le mauvais sens aussi

  • Pitch

    28 juin 2014 at 8 h 55 min Répondre

    Mais quelles bandes de nases dans ton école, je comprend que t’en ai marre, heureusement que ta eue une chouette atsem pour t’aider.
    Elle faut la remercié avant que tu partes.

    POur les autres ben laisse les dans leurs merdes ta plus que 4j a tenir avant de plus les voirs.

    • Agoaye

      29 juin 2014 at 1 h 39 min Répondre

      Mais c’est clair, j’ai prévu de lui faire un shamballah, et des gâteaux aussi p’tet :)

      • Pitch

        29 juin 2014 at 9 h 39 min Répondre

        Chez moi c’est pas mieux tu sais ça se tire dans les pattes de tout coté atsem et instit
        ya des jours ou je vais bosser a reculons tellement j’en ai marre de m’en prendre plein la poire, mais bon pour le moment ya pas trop d’annonce de taf donc je reste ou je suis j’ai trop galéré au chômage.
        Je fête même pas mon anniversaire avec mes collègues tellement elles me saoulent.

        • Agoaye

          1 juillet 2014 at 12 h 20 min Répondre

          Et tu peux pas demander à changer d’école ?

  • Wuagift

    28 juin 2014 at 10 h 28 min Répondre

    Quelques collègues masculins dans la place auraient clairement changé la donne. Être bien intégré(e) dans une équipe permet certaines libertés en la matière. Je n’ai pas eu trop à me plaindre à ce niveau là jusqu’à présent si bien que je me suis permis de « rentrer en conflit » avec une bombe anatomique chouchoute du patron. Ça aurait pu être HOT (j’suis con de ne pas avoir fait le nécessaire dans ce sens hein) mais quelques petites phrases assassines m’ont toujours suffit à faire passer le message…

    • Agoaye

      29 juin 2014 at 1 h 40 min Répondre

      Il est évident que travailler dans un milieu presque exclusivement féminin n’aide pas à la temporisation des humeurs…..

  • Petitgris

    28 juin 2014 at 13 h 25 min Répondre

    J’aurais fait tout comme toi :) D’ailleurs j’en ai connu des connasses ( une espèce éternelle ) et j’ai quitté la scène sans leur adresser ni un geste ni un mot. Bises

    • Agoaye

      29 juin 2014 at 1 h 42 min Répondre

      J’aurais aimé faire une sortie plus fracassante, mais…. Je l’ai joué discrète quand même :)

  • G33K

    28 juin 2014 at 16 h 29 min Répondre

    Comme toi, je fuis et je passe à autre chose. Certaines personnes ne méritent tout simplement pas que l’on s’attarde et elles ont l’air d’en faire parti !
    Courage, encore une petite ligne droite avant de tourner la page de ce gang de harpies, définitivement je l’espère ;-)

    • Agoaye

      29 juin 2014 at 1 h 42 min Répondre

      4 jours mon petit poussin !!!! 4 !

  • Sabrina

    28 juin 2014 at 19 h 13 min Répondre

    Oui, comme le disent les autres, tu peux aussi te permettre une petite réflexion acerbe bien sentie ou juste quand vous n’êtes que toutes les deux (comme ça pas de témoins) mais une personne comme ça si tu peux la gérer sans violence a manifestement besoin d’être dans un rapport dominant/dominé alors imposes ton style et joues la dominante sans t’énerver, juste en étant sûre de toi :-)

    Bises.

    • Agoaye

      29 juin 2014 at 1 h 44 min Répondre

      Je ne suis pas persuadée que je réussirais à ne pas être violente, avec tout ce qu’elle a dit de moi, plus sa gueule de cas social, c’est pas gagné :)
      (tu vois, je commence à être violente rien qu’en t’en parlant !!) :)

      • Sabrina

        29 juin 2014 at 13 h 33 min Répondre

        Bah essaies, faut un début à tout, ça se travaille ^^

        • Agoaye

          1 juillet 2014 at 12 h 21 min Répondre

          Je vais m’effacer, et je noierai tout ça dans la vodka polonaise :)

  • Ellafay Lagaffe

    29 juin 2014 at 17 h 51 min Répondre

    c’est moche!
    moi je fonds et je dis tout ce qui me passe par la tête pas mieux …

    • Agoaye

      1 juillet 2014 at 12 h 22 min Répondre

      Ah mais j’ouvre tellement pas ma gueule là que je sens que la libération va être épique :)

  • Trenty

    30 juin 2014 at 10 h 37 min Répondre

    Tu me fais penser à l’instit de ma fille (au CP).
    Elle est arrivé au début de l’année et on sent bien que le reste de l’équipe enseignante ne l’a pas intégré.
    Et certains parents on tendance à lui mettre l’échec scolaire de leur gamin sur le dos (alors que connaissant leur gamin, ça ne me surprend pas qu’on leur propose le redoublement, qu’ils ont d’ailleurs refusé).

    Comme quoi la cour d’école et une jungle à tout age.

    • Agoaye

      1 juillet 2014 at 12 h 22 min Répondre

      Oui voilà, tu as bien résumé avec ta dernière phrase !

  • mattyllde

    19 mars 2016 at 9 h 08 min Répondre

    J’aurais fait comme toi parce qu’ils n’en valent pas la peine et que ce serait encore toi qui serait passée pour la méchante… l’essentiel est que toi tu saches ce que tu as fait. Sinon pour la jungle de la cour d’école à tout âge (comm au-dessus du mien), mais carrément! Pas partout heureusement mais j’ai déjà dit aussi que certains ça se voyaient qu’ils n’avaient jamais quitté l’école… (Heureusement ce n’est que certains)

    • Agoaye

      20 mars 2016 at 12 h 34 min Répondre

      Mais carrément…
      Cette époque est heureusement révolue, et avec le recul je me dis que ça a été bien pénible mais que je l’ai fait ! Fière de moi !

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