L’inverse de Pierre, l’opposé du loup.


Ma vie en général / mardi, septembre 29th, 2015

seulTout le monde la connaît cette histoire : Pierre et le loup…
Le petit garçon fait semblant d’appeler au loup une fois, deux fois, trop de fois.
Lorsque le loup arrive vraiment et qu’il appelle vraiment au secours, alors personne ne le croit, personne ne vient, il se fait dévorer. Personne ne se doute de rien.

Eh bien l’inverse existe…

Il y a des gens qui ne crient jamais, tellement jamais que lorsqu’ils crient ce n’est pas assez fort, il ne font que murmurer, ils ne sont pas habitués…
Ou alors ils crient correctement mais personne ne les écoute car ils sont habitués à ne tellement jamais les entendre qu’ils se disent que ça ne peut pas être possible, que cette personne n’a pas besoin d’aide, que ce n’est pas elle qui ait pu crier comme ça.

C’est moi !
Je ne crie vraiment pas souvent.
Et les rares moments où je crie, ben personne ne répond.

En même temps je crie quelque chose de très particulier, les gens n’ont peut-être pas envie d’entendre…
Je crie quelque chose de précis dont les gens n’ont pas envie…

Bref l’autre jour, j’ai lancé un appel auquel personne n’a répondu. J’ai été seule alors que j’aurais eu besoin d’être entourée, un peu, pour une fois, exceptionnellement. Me soutenir pour ne pas entrer dans la rumination après quelque chose de grave qui est arrivé.
Me soutenir c’était être là, partager un peu de temps… Je voulais partir, même si je sais que c’était un cri compliqué mais je voulais m’enfuir, de ma ville pour quelques heures, et puis revenir.
Mais c’était trop demandé, ou mal demandé, je ne sais pas, je pense que je me suis foirée sur ce coup et je me suis rendue compte que je suis seule, toujours seule !

On est toujours seuls, dans tous les cas…
On a beau essayer de se faire croire l’inverse on est toujours seul.
On a beau s’ouvrir à la vie, être curieux et rencontrer des gens on est toujours seul.
On se dit que les gens sont de passage, et on baisse la garde, et ils passent un peu moins mais ils ne s’installent jamais, on est toujours seuls.
On se dit qu’on organise des choses, qu’on se voit, qu’on passe du temps ensemble, et puis lorsque rien n’est plus planifié on est seul, toujours seul.

Je ne m’apitoie pas, la plupart du temps ça me va, je suis bien… Je crois.
J’ai toujours pensé que je ne pourrais pas vivre trop entourée, comme en communauté. Ne pas avoir des gens tout le temps autour et c’est vrai. Mon expérience de cet été m’en a un peu convaincu : il a fallu que je trouve un moment pour me retrouver seule. Un moment, en seize jours !

Eh bien là, ce jour où j’ai crié, c’était un jour où j’avais besoin d’être entourée, un jour entourée au milieu de seize jours de solitude et ça n’a pas fonctionné…
Du coup j’ai eu du mal à me débarrasser de mes ruminations et ce constat-là est arrivé en plus.

Il y a des choses injustes et difficiles, la vie n’est pas rose, ni belle et encore moins facile. Et je suis seule pour gérer ça…
Les gens meurent seuls.
Je mourrai seule.

Et je ne vois pas pourquoi se battre pour faire en sorte que ça change serait quelque chose à faire puisque c’est voué à l’échec. C’est immuable


Ce texte a été écrit la semaine dernière. Aujourd’hui je suis plus sereine.

Je suis partie seule chercher ailleurs ce que les gens de mon entourage n’ont pas pu me donner. Et ceux que j’ai retrouvés là-bas ont su le faire… Alors je suis revenue avec plus d’espoirs et moins d’idées fixes tournant en boucle.
La peine du drame n’est pas effacée, mais je gère un peu mieux.

Merci à eux, merci à lui.

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22 réponses à « L’inverse de Pierre, l’opposé du loup. »

  1. Il me vient à l’idée trop de lieux communs pour t’en faire part. Je compatis, nous sommes nombreux dans ton cas, c’est vrai même les gens qui ne sont pas « seuls » au sens où on l’entend habituellement. Tu as raison, on est toujours seul au final, au milieu de 7 milliards d’individus… Il faut se faire une raison, si c’est possible, en tout cas se forger une personnalité suffisamment forte pour résister. Je te souhaite une belle journée.
    Mireille de Mireo-Créations

  2. Tu as bien fait de bougé et de retrouver d’autres personnes qui ont su t’apporter ce que tu avais besoin.

    C’est des fois ce qu’il faut faire.
    Et oui, on est seul même quand on est très entouré, je l’ai appris, il y a bien longtemps.
    Et je m’y suis fait ;)

  3. Je dirais comme les autres que je suis désolé pour ce moment difficile.

    Je suis heureux que cela aille mieux et je te souhaite d’aller de mieux en mieux.

    Pour ce qui est de mourir seule je n’en suis pas si sur. T’es quelqu’un bien même si un peu trop passionnée (oui parfois cela peut être trop). Bref au lieu de balancer des lieux communs je m’arrête là et te souhaite le meilleur.

    Bravo à la personne qui à su t’aider au bon moment.

  4. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, et peu importe finalement. Le résultat est là tu as morflé et pas rien apparemment, et ça me bouleverse.
    Que les gens ne comprennent pas que tu ais besoin de reprendre une bouffée d’air loin de tout ça, cela ne m’étonne pas, tu as eu raison de t’écouter.
    Ce que tu soulignes que nous sommes seuls c’est quelque chose que j’ai découvert il y a presque trois ans maintenant, tu tentes de verbaliser, de dire les choses et tu sens bien qu’en face les écoutilles sont gênées d’écouter. Alors tu finis par t’enfermer et ne plus rien dire.
    Ecrire fait un bien fou, partir aussi
    Je te souhaite vraiment que ta blessure se panse
    Plein de calinades de Toulouse

    1. Je te remercie beaucoup beaucoup pour ce gentil commentaire.
      Je ne suis pas celle qui ai le plus souffert dans l’histoire, mais je ne me compare pas à celui qui a plus mal ou celui qui a moins mal, je trouve ça nul.
      Plus les jours passent et plus la douleur s’estompe, on continue d’y penser mais ce qui s’est passé est toujours dans nos mémoires, c’est encore frais.
      Mais je pense que ça va aller maintenant, que le plus difficile est derrière, et que petit à petit je vais pouvoir resourire.

  5. J’ai cru comprendre que quelque chose de grave était arrivé et je n’ai osé te parler pensant justement que je n étais peut être la personne avec qui tu aurais voulu parlé et je regrette que tu étais aussi mal :( ton sentiment de solitude est aussi le mien et malheureusement on s’en rend compte dans les pires moments. Mais je me dis que cela rend plus fort et chaque petit pas en avant que l’on fait est une fierté. On ne le doit qu’à soi. Ravie que tu aies pu trouver une oreille attentive et que cela a pu te rebooster. Courage miss.

    1. Ce billet ne vous est absolument pas destiné, à vous mes chers ami(e)s de la blogosphère… Je ne peux pas parler de ce qui s’est passé pour le moment, et donc c’est naturel que je ne vous demande pas d’être là (en plus quand on sait mon cloisonnement virtuel/réel c’est encore une autre raison).
      Donc non, ne t’en fais pas, je vous suis déjà extrêmement reconnaissante de tous vos commentaires tellement gentils.

  6. Je n’ai rien à dire de très intelligent ou qui n’a pas déjà été écrit plus haut.
    Je ne crie plus au loup dans la vraie vie, ça ne sert à rien. Je le fais sur mon blog et j’y trouve parfois plus de réconfort…
    Des breizhous et des hugs ma belle.

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