Ma vie de grande malade

Ne plus avoir envie.

Le problème est là.

En ce moment, les envies me désertent. Toutes les envies !

J’ai pas envie de sourire, encore moins de rire. Pas d’envies de bouffe, je me nourris de pain grillé quand les crampes de faim sont trop gênantes. Pas envie de voir du monde, ni que je connais, ni que je ne connais pas, du coup forcément je n’ai pas envie de sortir, également parce que je n’ai pas envie de m’habiller, de me laver.
Je n’ai pas envie de prévoir, ni de penser à l’avenir. D’ailleurs je n’ai plus envie de penser, c’est pour ça que je m’abrutis devant des séries débiles et des émissions improbables.

Je n’ai pas envie de « faire », de « créer », de « produire », mais c’est encore la seule chose pour laquelle je me force. Sinon ce billet serait le dernier, sinon ce blog disparaitrait, ce personnage aussi.
Je n’ai pas envie de lutter pour garder la tête hors de l’eau, ça devrait être naturel, pour moi ça ne l’est pas, et je dois toujours me battre pour sentir le positif, parce que c’est pas moi, je ne suis pas comme ça, rien de bien ne m’est inné. C’est ça qu’il m’arrive finalement en ce moment : je n’ai plus envie de lutter…

Je n’ai plus envie de prendre soin de ce corps, de cette enveloppe qui de toutes façons vieillit et finira comme toutes les autres, bouffée, brûlée, compostée… Je n’ai plus envie de cultiver le paraître obligatoire aux interactions sociales bidon… Je n’en ai plus envie non plus du coup de ces échanges là : paraître pour plaire, se forcer à échanger avec quelqu’un de si différent qu’on devra s’efforcer de croire que ce n’est pas grave et qu’on sera deux à se fourvoyer, jusqu’à être blessé ou lassé… Hourra.

Je n’ai plus envie d’essayer de ramasser les miettes de petits bonheurs à la con pour maintenir l’illusion, de me forcer à la bienveillance et de me tromper, moi et tout le monde. Je n’ai plus envie d’y croire.

Je n’ai plus envie de suivre ce rythme infernal : on est réveillé artificiellement, on se dépêche, on bosse, on force 30 gamins à ingurgiter des savoirs même s’ils n’y sont pas prêts, on mange, on parle péda avec les collègues, on reforce les 30 mômes pour 3 heures encore, on sourit aux parents, on rentre, on prépare la journée du lendemain, on est crevés, on mange, on dort et on recommence…
On est payé virtuellement ce qu’il faut pour virtuellement acheter de la lumière, de l’énergie, des trucs pour faire semblant d’être beaux, d’être vivants, d’être joyeux…
Je n’ai plus envie d’être belle, vivante et joyeuse.

Rassurez-vous. Je n’ai pas envie de crever.
Mais je n’ai plus envie de vivre non plus…

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Comments

19 mars 2015 at 12 h 09 min

Gros burn out de ta part Miss.
Je te recommande du Sipralexa; ce n’est pas une drogue, mais ca aidera, surtout que tu n’as pas d’effet secondaire.
Et puis regarde Blogo faire le con: les animaux savent vivre, sans se prendre la tete comme nous le faisons ;)
D’ailleurs j’espere que son operation d’hier s’est bien deroulee!
Plein de bizzz a toi et relis: l’Etranger de Camus.



19 mars 2015 at 12 h 20 min

Je ne sais pas du tout quoi te dire… :( :( énorme pensée pour toi… <3



19 mars 2015 at 12 h 43 min

Ton article me touche, m’attriste… Je ne sais malheureusement pas quoi te dire en pareille situation… Car c’est toujours facile de dire quelque chose de l’extérieur, quand on ne vit pas la situation…

Je t’envoie simplement tout mon courage pour surmonter tout cela… <3



19 mars 2015 at 12 h 59 min

Laisse toi le droit de pas être joyeuse, apprêtée, heureuse. Tu te fous une pression énorme. S’abrutir et relâcher la pression c’est nécessaire.
Plein de courage à toi, vis pour toi et pas pour les autres :)



Machiavel
19 mars 2015 at 13 h 04 min

Ho là faut faire une cure de magnésium et de juvamine!!!
Serais tu en train de chercher un sens à la vie? à ta vie? je crains qu’il n’y en ait pas. Cette comédie humaine à laquelle on participe tous n’a pas de sens. Mais on joue tous un rôle.
Je pense souvent à tous ces instits, maîtres, maîtresses et profs qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui. et où qu’ils soient je les en remercie. Et tu occultes un peu l’importance que tu as dans la vie de ces marmots.
j’espère que tu sortiras un peu la tête de l’eau afin de jouer ta partition dans ce concert de non sens qu’est la vie



19 mars 2015 at 13 h 38 min

Burn-out ou dépression. Je connais, j’en sors actuellement, même si ça reste très fragile.
Je connais cette sensation d’ambivalence, de non-envie et en même temps, d’avoir l’impression de sombrer.
courage ma belle !
Je sais que tu est contre les psy, mais peut être en parler à ton médecin ?
N’hésite pas si tu as besoin



19 mars 2015 at 14 h 26 min

ce n’est pas chouette du tout de lire cela! Très très gros coup de mou chez toi en ce moment! Je te comprends!
Si tu es en bas, tu ne peux que finir par remonter… dans pas trop longtemps j’espère!Moi aussi j’ai des périodes comme ça!



19 mars 2015 at 15 h 05 min

Que dire sinon « accordes toi le droit de ne plus en pouvoir, d’être mal, de ne plus savoir quoi faire, ou aller, de ne plus avoir envie ».
Ces phases de grandes incertitudes, dépressives nous mettent souvent KO. Il faut du temps pour se relever, retrouver l’envie de continuer.
J’ai conscience que les mots ne changent pas la donne, qu’ils n’ont aucun pouvoir, même pas celui que je voudrai leur donner. Alors je t’envoie de douces, tendres et affectueuses pensées.



Wuagift
19 mars 2015 at 15 h 14 min

Ce type de discours est toujours mieux que les messages purement auto-dévalorisant. Ces derniers ne sont d’ailleurs que pures illusions dans la mesure où ils impliqueraient de devoir qualifier injustement un trop grand nombre de moins que rien… N’essaie même pas de nous convaincre de ton insignifiance, tu n’y arriveras pas…



    21 mars 2015 at 15 h 52 min

    Tu trouves toi ?
    Je pensais ce billet beaucoup plus défaitiste que le précédent…



      Wuagift
      22 mars 2015 at 10 h 17 min

      Replongé dans son contexte, ce billet est plus réaliste que défaitiste. Prendre une sims blogueuse hyper allergique en lui foutant un mal de crâne/de ventre, des douleurs articulaires,… en lui imposant un rythme professionnel équivalent au tien avec un sommeil non récupérateur… est d’ailleurs un bon scénario pour tester la qualité de ce jeu de simulation…



Trenty
19 mars 2015 at 15 h 42 min

:* j’espère que tu vas remonter la pente.
Et dire que cette année devait être la tienne, tu avais enfin la place que tu souhaitais.

Remet toi vite et prend soin de toi.



dany
19 mars 2015 at 16 h 31 min

Plein de bisous….



19 mars 2015 at 18 h 26 min

Tiens, je suis déjà par des phases comme ça… et dans ces cas-là, n’écoute pas ceux qui te disent qu’il faut sortir et voir du monde, mais fais ce que ton esprit te dicte: repose-toi et ne fais rien. Ton cerveau emmagasine plein de choses et il y a un moment où il a besoin de faire le tri (de manière inconsciente pour toi). Respire, souffle, décompresse, et quand le soleil sera de retour (enfin, euh… ça, ça dépend où tu vis), ça ira mieux.



19 mars 2015 at 21 h 05 min

Courage miss ! Ne te force pas si tu n’en as pas envie.
Je ne sais pas si ça peut t’aider, mais ce que je fais dans ces cas la, c’est m’évader dans l’imaginaire -jeu / film / livre / sommeil-. Ca ne règle rarement (jamais?) quelque chose, mais le présent paraît moins pénible, c’est déjà ça :-)



Martine B
20 mars 2015 at 9 h 08 min

Bonjour miss je n’ai pas les réponses c’est dur d’être à ta place mais si je pouvais t’envoyer ce qui manque à ta vie pour faire revenir cette envie alors je te l’enverrai en express mais je n’ai que mes mots et des bisous à déposer
Bises



22 mars 2015 at 0 h 10 min

tu passes là un mauvais moment peut-être dû au changement de saison et il faut te ressaisir



24 mars 2015 at 20 h 15 min

Aime tes qualités, tes défauts, tes hauts, tes bas, tes envies et tes aversions. Déguste les miettes de bonheur que tu trouveras au fin fonds de la décharge de ton existence et souviens-toi: la vie est une blague.



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