Où vont les disparus ?

Chaque jour, plus de 100 personnes disparaissent en France. Soit 40 000 à 50 000 personnes par an.

Il est difficile d’avoir des chiffres précis et officiels, difficile aussi de catégoriser ces disparitions, qu’elles soient inquiétantes ou non, d’adultes ou d’enfants, momentanément ou définitivement…

Le fait est que je trouve ce nombre hallucinant !

Avant le 26 avril 2013, il était encore possible de déclencher des recherches dans l’intérêt des familles (RIF) lorsqu’une disparition avait lieu. Or, ce procédé a été abrogé par Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur.
Aujourd’hui, il est plus difficile de retrouver un proche disparu avec l’aide des services de police si ceux-ci ne considèrent pas la disparition comme « inquiétante » :

En cas de disparition inquiétante d’un proche majeur, une enquête peut être ouverte par la police ou la gendarmerie. Une procédure spécifique existe si la personne a disparu à l’étranger. Si la disparition n’est pas jugée inquiétante, aucune enquête officielle ne peut être ouverte. Dans tous les cas, une personne majeure est libre de ne pas entrer en contact avec ses proches lorsqu’elle est retrouvée.

Il n’y a pas de critères précis pour définir une disparition inquiétante : départ sans affaires personnelles, courrier suicidaire, radicalisation religieuse… La disparition est également considérée inquiétante si la personne est vulnérable du fait d’une maladie ou de son âge.

Vous devez vous adresser à la police ou à la gendarmerie pour déclarer la disparition.

Une enquête est automatiquement déclenchée :

  • si vous êtes un proche (conjoint, frère, sœur, parent, enfant…) ou l’employeur de la personne disparue,
  • ou si la personne est un majeur protégé (sous tutelle ou curatelle).

Dans les autres cas, les policiers et gendarmes peuvent estimer qu’il ne s’agit pas d’une déclaration inquiétante. Le procureur peut trancher en cas de désaccord.

En cas d’enquête, la personne disparue est inscrite dans le fichier des personnes recherchées. Lors d’un contrôle, les policiers et gendarmes sauront que la personne est portée disparue. Les forces de l’ordre des pays de l’espace Schengen auront également accès à ces informations.

L’enquête ouverte peut être administrative. Elle relèvera des policiers et gendarmes. Ils peuvent avoir accès aux fichiers nominatifs des organismes privés et publics pour localiser la personne. Par exemple, ils peuvent consulter ses facteurs de téléphone ou ses relevés de carte bancaire. Ils peuvent également auditionner des témoins. Cette enquête vise juste à retrouver la personne et non à rechercher une infraction.

Après 1 an de recherches, si la personne n’est toujours pas retrouvée ou si il n’y a aucune preuve de son décès, un certificat de vaines recherches peut être délivré par la police ou la gendarmerie. Ce certificat a une valeur légale et prouve que la personne est bien portée disparue. Il peut servir en cas de succession par exemple. Le délivrance du certificat n’empêche pas l’enquête de continuer pour retrouver la personne.

Après délivrance du certificat de vaines recherches, la famille de la personne disparue peut demander au juge des tutelles une constatation de présomption d’absence. Cette constatation permet au juge de désigner un parent de la personne disparue chargé de gérer temporairement ses biens.

La constatation de présomption d’absence se demande à l’aide du formulaire cerfa n°15603*01.

Source : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F31558

Une association nationale existe également afin de vous aider dans vos recherches. Il s’agit de L’ARPD (Assistance et Recherche de Personnes disparues) qui possède un site internet consultable à cette adresse :
http://www.arpd.fr/

D’autres solutions existent, comme les recherches personnelles, les relais sur les réseaux sociaux ou encore l’embauche de détectives privés…


Personnellement, je n’ai jamais connu ça, et je ne doute pas un instant que les cas de disparitions doivent être insoutenables pour les proches et la famille… Une telle inquiétude et une si grande angoisse me rendent malade d’avance, rien que d’y penser.
Les décès sont terribles, mais l’absence inexpliquée et les incertitudes doivent être pires encore…

Cependant, et en mettant de côté les sentiments des proches, je trouve le fait de disparaître finalement assez fascinant !
Il est évident que je mets de côté tout ce qui n’est pas entièrement « voulu » par le disparu (les enlèvements, les enrôlements dans des sectes ou autres organisations religieuses, les moments d’égarement dus à une fragilité psychologique ou bien même la fuite forcée devant un problème qu’on aurait engendré…)

Non, là je parle de celui ou celle qui aurait décidé de tout plaquer !
Genre « c’est terminé, je disparais ! »

Combien sont-ils (sur les 40 000) ces hommes et ces femmes qui, par la seule force de la volonté décident de tout quitter, de tout recommencer ailleurs, autrement… ?
Ce sont eux que je trouve fascinants ! C’est cette force mentale, cette détermination qui forcent l’admiration et qui pourtant, quelque part quand on essaye de voir le tableau en entier pourraient laisser apparaître des failles, une grande faiblesse, voire même une extrême lâcheté !

J’imagine que la vie qu’on laisse derrière soi inclut des gens et des responsabilités… Le gars qui vit tout seul en forêt et qui décide de changer de vie ne sera pas « porté disparu » de la cabane où il dormait… Non, lui il change juste d’idée finalement.

Et pourquoi nous on ne pourrait pas changer d’idée ? Pourquoi pas moi ? Pourquoi d’un coup d’un seul je ne me dirais pas « Fuck l’éducation nationale, j’en ai rien à branler des PPRE et des REP+. Fuck ma banque, j’en ai marre de raquer 600€ pour vivre dans une banlieue polluée. Fuck mon chat, je ne suis pas un distributeur de bouffe diet/urinary. Fuck ma famille, je m’en bats les trompes de vos jugements à deux balles. » ?
Pourquoi je ne quitterais pas tout pour recommencer ailleurs de zéro ? Je change de pays, j’oublie ce prénom maudit, je remets tous les compteurs à zéro ?

Je vous entends déjà vous inquiéter, car vous me connaissez et que vous vous dites que si j’écris ce genre de choses c’est que je me les pose vraiment ces questions. C’est vrai !
Vous me connaissez et vous vous dites qu’impulsive comme je suis, je pourrais effectivement un jour disparaître comme ça, pouf en un claquement de doigts… Je ne sais pas !

Il en faut une sacré paire je pense… Et pas une paire de ce que vous pensez. Mais une paire de courage/lâcheté, une paire de résignation/volonté, une paire de espoir/abattement…
Une paire de ces émotions rigoureusement contraires qui font dans la tête une mini explosion nucléaire, un truc qui prend toute la place et qui fait qu’on ne peut plus penser à autre chose… Une peur extrême mais également une curiosité incroyable !

Pour moi, ces disparus sont déchirés.
C’est sans doute ce qui me les rend si fascinants.

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Published by Agoaye

Dans un univers parfait, Agoaye aurait Hugh Jackman pour boyfriend, un budget informatique/nouvelles technologies illimité et une carte haute-fidélité chez Lush... Dans notre monde, la réalité est bien différente !

15 Comments

  • Mouss et Compagnie

    3 novembre 2017 at 15 h 51 min Répondre

    j’adore ton article ! :) je pense exactement comme toi :D c’est dingue… enfin, pas exactement parce que je n’y ai jamais songé pour moi et j’en serai incapable. mais sinon je suis d’accord sur la « paire », le fait que ces gens doivent être tellement complexes et … ouais fascinants, c’est le bon mot ! il a du s’en passé un sacré big bang dans leur tête au moment M !
    et sinon pour ceux qui n’ont rien choisi du tout… Cette semaine ils ont retrouvé le corps d’une joggeuse, carbonisée. Le seul truc que j’ai su dire c’est: » au moins, elle ils l’ont retrouvé » :/

    • Agoaye

      4 novembre 2017 at 14 h 12 min Répondre

      Sans le vouloir je suis d’actualité alors… :/ Tristement :/
      Après les commentaires sur Facebook, je me suis rendue compte qu’une composante importante (en plus de la « paire ») devait être un certain égoïsme assumé ou obligé… J’aurais pu y penser, en parler dans le billet… Pas grave, j’en écrirai un autre :)

  • Nath

    3 novembre 2017 at 20 h 12 min Répondre

    J’ai une ancienne copine de lycée qui a disparu quand elle avait environ 25 ans . Et bien 25 ans après prononcer son prénom reste tabou parce que la douleur de ses proches est toujours présente . Le pire est l’incertitude car nul ne sait aujourd’hui encore si ce départ à été choisi . Alors si un jour tu décidais de tout quitter, laisse juste un aurevoir s’il te plait .

    • Agoaye

      4 novembre 2017 at 14 h 10 min Répondre

      Je connais quelques prénoms qui me font le même effet, cependant ces gens sont « juste » morts… Je pense qu’en effet la disparition c’est le level d’au dessus… Une véritable angoisse :(

  • Radiblog

    3 novembre 2017 at 21 h 22 min Répondre

    Cela fait très longtemps que je n’ai pas commenté un de tes billets.
    Celui-ci me parle.
    Merci.

  • Fabignou

    4 novembre 2017 at 10 h 46 min Répondre

    C’est un sujet qui me fascine aussi. J’ai lu pas mal d’articles et vu pas mal de reportages sur la question, toujours avec cette sorte d’envie au départ : recommencer sa vie, partir d’une page blanche en étant adulte, le truc a priori impossible. Mais la fascination est toujours contrebalancée par le remord que j’éprouverais à leur place (empathie puissance 1000 :-) et l’idée que finalement je ne crois pas que tu puisses profiter de ta nouvelle vie en sachant que tu as laissé le chaos derrière toi. Du coup j’admire beaucoup plus les gens qui changent radicalement de vie : envoyer tout valdinguer, oui, mais en assumant :-)
    Sans doute qu’en tant que personne qui s’est expatriée deux fois, qui n’exclut pas de le refaire, et qui envisage sérieusement un tour du monde sac au dos à un moment ou à un autre de sa vie, je me projette davantage dans ce mode de fonctionnement.
    Mais le sujet des disparus volontaires continuera à me passionner. J’ai lu deux livres dernièrement sur ce phénomène très important au Japon (il me semble en avoir déjà parlé ici ?) : Les évaporés de Thomas B. Reverdy, qui est un roman, et Les évaporés du Japon de Lena Mauger qui est une compilation de témoignages de disparus et de proches.

    • Agoaye

      4 novembre 2017 at 14 h 02 min Répondre

      Je dois lire ces bouquins, c’est certain.
      C’est vrai que je comprends, moi aussi l’abandon volontaire ne me fait pas forcément peur, j’ai pour ma part un certain savoir-faire dans le coupage de ponts !

  • Lenora Von Cherry

    4 novembre 2017 at 10 h 49 min Répondre

    C’est vrai que c’est un nombre hallucinant. Je ne pensais pas qu’autant de personnes disparaissaient chaque année.
    Souvent quand j’en ai franchement plein le cul de ma vie. Le cumul de tous ces petits trucs à la con qui peuvent finir par former un truc énorme qu’on a juste envie de fuir, je m’imagine attraper mes gosses, les coller chez leur père et me barrer au Mexique pour fabriquer ma propre tequila.
    Mais mon ex mari est un très gros con et je ne veux pas gâcher la vie de mes enfants, donc, j’attends que ça passe en buvant quelques margaritas !

    • Agoaye

      4 novembre 2017 at 14 h 01 min Répondre

      Tout envoyer balader peut effectivement parfois être un super fantasme !!! Je comprends (surtout si y’a de la tequila en jeu :))

  • Guillemette Allard-Bares

    4 novembre 2017 at 21 h 08 min Répondre

    Effectivement, ça pose tellement de questions… Et je pense aussi que pour les proches, l’incertitude est la plus terrible des choses. Pour la personne en tant que tel, quand c’est choisi, c’est effectivement fascinant de se demander qu’est-ce qui peut t’amener à ça, et puis comment on vit cette révolution, ce passage dans une nouvelle vie (avec tous les aspects pratiques bien sûr…). Mais au niveau de l’entourage… C’est une explosion qui laisse un gouffre béant.

    • Agoaye

      8 novembre 2017 at 18 h 06 min Répondre

      En effet, je ne pense pas être capable de réellement imaginer la détresse des proches, mais ça doit être abyssal

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