Pardon, j’ai oublié…

La semaine dernière, le verbe proposé lors de mon défi de l’année était « pardonner »…
Même si c’est moi qui l’ai imposé, je l’ai trouvé hyper compliqué à mettre en œuvre.

De plus, vu ma situation de la semaine (en vacances au bout du monde dans un pays susceptible de réaliser mes rêves), je n’ai pas eu grande occasion de pardonner à qui que ce soit (à part aux baleines qui n’ont pas été de sortie le jour de ma visite en mer, ou bien au soleil de ne pas avoir assez émis pour me gratifier d’une aurore boréale digne de ce nom…)
En fait, je crois que c’est surtout mon banquier qui va devoir me pardonner sur ce coup-là…

Alors j’ai cliqué à droite et à gauche pour avoir une idée plus clair du terme « pardonner », et c’est au détour de psychologie.com que j’apprends qu’il existe 7 étapes pour pardonner !
Je trouve ça énorme.

Acte de courage pour certains, aveu de faiblesse pour d’autres, qui lui préfèrent la vengeance, le pardon va rarement de soi. Pourtant, toutes les victimes qui ont pardonné s’accordent à dire que cette démarche les a libérées, qu’elle a même insufflé une nouvelle énergie dans leur vie. Car le pardon sert avant tout à se libérer soi-même. Qu’on le demande ou qu’on l’accorde, il est le fruit d’un vrai travail sur soi dont l’issue reste pourtant incertaine : on peut sincèrement souhaiter pardonner sans forcément y parvenir…
Le processus opère en partie à notre insu et, surtout, nous ne sommes pas tous égaux devant le pardon. Sa « réussite » dépend moins de l’outrage subi que de la façon dont nous l’avons vécu.

Extrait de psychologies.com

Voyons voir si je sais pardonner, on va prendre mes exs en exemple et on va les appeler Machin, ça va simplifier les choses…

(Chaque étape parle d’un Machin différent)


Étape 1 : Décider de ne plus souffrir

J’ai voulu Machin et je l’ai eu… Premier grand amour, il a le profil typique du gars écorché vif qui m’a toujours sensiblement fait craquer.
Sauf que ses écorchures, il a tendance à les soigner à l’alcool, et que ce remède a tendance à le rendre violent…
Ajoutons à ça un gros complexe d’infériorité (proportionnel à la taille de son sexe… Alors que franchement moi je le trouvais très efficace…) et un gros passé bien lourdingue à base de « Papa battait Maman alors qu’elle avait le cancer » :(

Je l’ai beaucoup aimé, mais le jour où il a pensé que me menacer en me posant un cutter sur la carotide était une bonne idée, j’ai tout stoppé.

J’ai décidé de ne pas entrer dans cette souffrance, j’ai décidé que je valais mieux et j’ai bien fait.
Je ne me suis pas laissée attendrir par ses supplications, ses promesses et ses manipulations pour me récupérer. J’ai tout simplement écarté Machin de ma vie, sans haine, sans amour non plus mais sans lui en vouloir plus que de nécessaire.


Étape 2 : Reconnaître que la faute existe

Machin m’a draguée alors qu’il était déjà en couple, et depuis un sacré paquet d’années. Je le savais et je ne m’y suis pas opposée, tellement convaincue de le trouver tellement laid et con que je ne tomberai jamais dans le panneau de sa drague à deux euros.

Sauf que si, il savait y faire en drague Machin, beaucoup plus que je ne pouvais le supposer.
J’ai succombé et je me suis mise à mentir à tous et sur tout pour lui. Je me suis fait passer pour une collègue de boulot auprès de sa famille, je l’ai présenté comme juste un copain à la mienne, j’avais été embarquée dans son mensonge et je lui dédicaçais les miens.

Nous partions en voyage pour nous aimer librement et même mon corps refusait cette situation, je n’ai jamais été aussi malade de ma vie que je ne l’ai été avec lui…

Lorsqu’il a été trop attaché pour savoir quoi faire et qu’il s’est sauvé sans donné de nouvelles, j’en ai voulu à Machin et j’ai beaucoup souffert, et puis je me suis souvenue que de toutes façons nous étions en faute dès le départ et que je ne pouvais décemment pas prétendre à une happy end vu les circonstances.


Étape 3 : Exprimer sa colère

Machin est arrivé comme un cheveu sur la soupe. Une rencontre sans illusions qui s’est finalement avérée hyper prometteuse… Du moins je le croyais.
Il a réussi à me passionner, la conversation était géniale, la baise était sublime, la présentation passait plutôt bien.

Sauf que lorsque Machin a disparu dans la nature sans donner de nouvelles alors qu’il avait laissé volontairement traîner derrière lui tout un tas d’espérances intéressantes, j’ai attaqué.
D’abord en textos, puis en mails, signés puis anonymes… Distribution de son numéro à qui veut bien…

J’ai exprimé ma colère, dans le but de lui apprendre le respect (car il reviendrait frapper à ma porte aujourd’hui que je lui cracherai à la gueule, et pas de façon sexy), je ne suis cependant pas sûre que cette étape m’ait permis de lui pardonner. Mais au moins j’ai l’impression que la monnaie est rendue.


Étape 4 : Cesser de se sentir coupable

C’était mon homme idéal. Il avait tout pour me plaire et il disait que j’avais tout pour lui plaire aussi… Mais je ne le croyais pas (je ne les ai jamais crus) car tout me prouvait le contraire.

Comment Machin pouvait-il prétendre m’aimer quand son corps ne manifestait aucun désir pour moi ? Refoule-t-il son homosexualité ? A-t-il été abusé étant jeune ?
Les raisons de sa débandade étaient de prime abord inexistantes, donc j’en concluais naturellement que c’était ma faute…
J’suis trop grosse, trop plate, pas assez entreprenante ou trop entreprenante, je suis trop chiante, je parle trop ou pas assez, je ne fais pas ce qu’il aime…

Lorsqu’il a décidé de cesser notre relation, ma culpabilité a disparu derrière le trop évident « de toutes façons ce gars-là avait un problème »… Ben ouais, il en avait un. Cardiaque d’ailleurs.


Étape 5 : Comprendre celui qui nous a blessé

Encore une fois, Machin m’avait donné l’envie d’y croire. Le moment où nous nous sommes avoué notre amour était mignon comme tout, plein de larmes sur mon canapé (et de sexe aussi, juste après nous être mouchés).
Les petits gestes, les surprises et les fous rires m’ont rapidement fait oublier toutes les mesures de précautions que les autres Machins m’avaient apprises jusque là.

J’ai baissé la garde en quelques mois et lui ai même permis de projeter une vie à deux, sur Paris, loin de chez lui, impliquant une reconversion professionnelle pour lui et une grosse étape de maturation pour moi (il serait venu avec une moitié d’enfant, ça aurait changé beaucoup).
Sauf que tapi dans l’ombre, son employeur nous surveillait du coin de l’oeil. Et l’éventualité de perdre un bon ouvrier ne semblait pas l’enchanter.

J’ai mis du temps mais j’ai fini par comprendre que je valais finalement moins que la Clio de fonction et la belle augmentation que le patron avait offert à Machin pour le faire renoncer à son départ.
C’est vrai quoi… 1000€ et une Renault, faut pas déconner !


Étape 6 : Prendre son temps

Au départ je n’ai pas bien compris pourquoi ça n’a pas fonctionné entre Machin et moi. Nous étions certes différents, mais d’une différence qui aurait pu être joliment complémentaire.

Nous nous plaisions et j’avais visé haut pour le conquérir, il avait été charmé et charmant. Et puis du jour au lendemain les nombreux allers-retours entre nos deux régions lui ont semblé trop contraignants et l’éloignement a eu raison de sa volonté d’essayer d’avancer quelque part.

J’ai balancé mesquinement deux ou trois remarques qui l’ont blessé puis je l’ai laissé tranquille. Le temps a fait que je me suis rendue compte qu’il avait raison. La différence était jolie mais le chemin nécessaire à son apprivoisement aurait demandé trop d’efforts, trop d’amour, et nous n’en étions pas là.


Étape 7 : Redevenir acteur de sa vie

La plupart du temps, après chaque rupture, cette étape est celle que je privilégie le plus facilement grâce à une méthode simple et efficace : rayer purement et simplement le gars de ma vie. Tout effacer pour pouvoir recommencer. Ne rien garder et faire table rase.

Avec Machin c’est impossible, pour la simple et bonne raison qu’il est partout. Et qu’en plus il ne souhaite pas être rayé et qu’il se rappelle à mon souvenir à chaque fois qu’il sent que je m’éloigne un peu trop.
Machin a besoin de savoir que je pourrais éventuellement être là pour lui, il a des phases où il souhaite être rassuré.
Et moi j’ai besoin de savoir que j’ai pu lui plaire, que j’ai compté pour lui pour quelque raison que ce soit, et que pour ce faire il m’a choisit MOI, parmi des centaines d’autres…

En ce moment je pense encore parfois à Machin quand la solitude est trop forte, mais je sais bien qu’il n’a été qu’une étape et qu’il ne fera jamais plus partie de ma vie que ce qui s’est passé.


Tous ces Machins m’ont fait prendre conscience que mon système de pardon n’est pas exactement au point. Je peux utiliser l’une ou l’autre étape pour l’un ou l’autre de ces individus mais je suis bien loin de pouvoir appliquer les 7 sur une seule et même personne, c’est trop demander pour moi.

Mon système survole un peu toutes les étapes pour les agglomérer dans un magma brouillon et qui semble (selon les jours) plus ou moins efficace : l’oubli.

Pour pardonner, je dois oublier, me distraire et laisser passer du temps. Gommer les moments ensemble, les timbres de voix ou les phrases de chacun.
Ranger au fond de ma mémoire les yeux fous d’amour que Machin1 avait lorsqu’il me regardait, les orgasmes simultanés incroyables que j’ai vécu avec Machin2, l’impression de complicité hallucinante entre Machin3 et moi, Machin4 qui essayait de me compenser en me caressant le dos pendant des heures sans cesser de me répéter qu’il me trouvait belle, le fils de Machin5 et cette complicité que nous avons eu si rapidement, les chansons que Machin6 me chantait alors que je prenais ma douche, les petits noms que me donne Machin7 la nuit.

 

Oublier et me résigner à ne plus vivre ce genre de choses dans le futur.
L’espoir ne fait pas bon ménage avec la solitude.

Cette semaine, je pardonne comme je peux…

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Published by Agoaye

Dans un univers parfait, Agoaye aurait Hugh Jackman pour boyfriend, un budget informatique/nouvelles technologies illimité et une carte haute-fidélité chez Lush... Dans notre monde, la réalité est bien différente !

14 Comments

  • Nadège

    14 février 2017 at 17 h 22 min Répondre

    Il est en kit ton machin parfait, voilà tout :) je ne suis pas sûr que pardonner soit essentiel ou efficace mais pourquoi pas. La « rancœur » m’a permis d’avancer, personnellement.
    Aller, un cliché, chacun voit midi à sa porte (ouais c’est pas mal lol)
    Bisous,Nad ;)

    • Agoaye

      17 février 2017 at 19 h 19 min Répondre

      Ah tu penses que la rancœur est utile ?
      Moi je ne sais pas, je me déteste tellement lorsque je suis en colère que je n’imagine pas que ça puisse être constructif !

  • Mouss et Compagnie

    14 février 2017 at 17 h 55 min Répondre

    j’ai pardonné à ceux qui m’ont fait du mal… en fait, je m’en fous royalement. ils m’ont rendu plus forte.
    mais je ne pardonnerai pas à ceux qui font du mal aux gens que j’aime. ça c’est juste pas possible. (pour l’instant ?)

    • Agoaye

      17 février 2017 at 19 h 18 min Répondre

      Oui j’ai pensé à ce cas de figure (genre quelqu’un torturerait Blogo)… Je pense que ça pourrait être carrément plus difficile !

  • Martine

    14 février 2017 at 19 h 17 min Répondre

    J’ai aussi réussi à pardonner souvent… même aux gens que j’aime. Encore récemment l’un d’entre eux m’a énormément déçue. Là, j’ai pardonné, pas oublié… pour me protéger. Je sais le pourquoi (sauver son couple), mais je n’accepte pas que cette personne l’aie fait au risque de me mettre en porte à faux vis à vis du reste de ma famille. Donc, je suis obligée de me protéger

    • Agoaye

      17 février 2017 at 19 h 17 min Répondre

      Effectivement, le pardon peut aider à la protection… L’oubli et le coupage de ponts aussi !

  • Kiara

    15 février 2017 at 11 h 08 min Répondre

    Un peu de ce Machin, un peu de celui-là, un peu de celui-ci et tu auras un Machin parfait… Si seulement ça fonctionnait comme ça!
    Pardonner ça permet d’avancer. Sinon on reste bloqué sur du négatif.

    • Agoaye

      17 février 2017 at 19 h 16 min Répondre

      On a le droit de découper les gens ? YES :))

      • Kiara papillon

        17 février 2017 at 19 h 22 min Répondre

        Genre un patchwork ? Lol. Ce serait bien !

        • Agoaye

          26 février 2017 at 15 h 37 min Répondre

          Oui m’enfin un patchwork avec des gens ça s’appelle Frankenstein :))))

  • Petite ombre

    16 février 2017 at 15 h 06 min Répondre

    l’étape du pardon est assez lourde…. comme toi je ne peux faire toutes les étapes, mais piocher l’une ou l’autre…
    moi il y a quelqu’un à qui je devrais pardonner pour avancer, mais là je ne peux pas… même pas une étape !!!
    le pardon, piouf quelle affaire!

    • Agoaye

      17 février 2017 at 19 h 12 min Répondre

      Je pense que le temps aide aussi…. Alors laisse passer un peu tout ça et tu réessayeras dans un an ou deux pour essayer de pardonner à cette personne en particulier

  • Ophelie (L'Écarpulte)

    19 février 2017 at 5 h 07 min Répondre

    C’est difficile de couper les ponts du jour au lendemain… pardonner aussi tu me diras !
    Je pense que l’on passe par toutes les étapes mais par parfois très rapidement et d’autres non…
    J’ai longtemps été dans la même situation que toi pour la 7e étape pour un des mes ex ! J’ai mis longtemps à en sortir et je ne m’en trouve que plus légère et apaisée :)

    • Agoaye

      26 février 2017 at 15 h 17 min Répondre

      Je sais couper les ponts, ça c’est pas un problème… Sauf quand le gars est partout :/

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