Plus le coeur…

IMG_1951Effectivement, en ce moment ça ne va pas.
Môm se pointe de temps en temps avec des fleurs de Bach, du lithium ou du L72. Elle soupçonne une dépression.

Moi je pensais juste à une grande fatigue, p’tet même la difficulté d’accuser le coup de ma nuit blanche d’avec Rachid…

Mais aujourd’hui je me suis souvenue, et j’me suis ruée sur mon calendrier pour vérifier. Et en effet, c’est en ce moment, c’est à cette période… Mon cœur a une mémoire plus fine que moi, c’est dingue…

C’est Johan. Ça fait 4 ans.

Johan je l’ai rencontré sur Meetic. Ses photos m’ont directement attirée. Brun, yeux bleus, cheveux mi-longs, fin…
Il a répondu à mes messages et de fil en aiguille nous sommes rapidement passés sur msn, à discuter une partie de la nuit, et ce plusieurs jours de suite.

C’est le samedi suivant que nous avons décidé de nous retrouver. A Bercy Village (c’est là que j’amène tous mes éventuels futurs-ex, je m’y sens bien).

Quand je suis entrée dans le bar où nous avions rendez-vous, j’ai eu peur car je ne le voyais nulle part alors qu’un SMS m’avait averti de sa présence. Je me suis dit que je m’étais fait trop de films sur les trois photos que j’avais vues et que j’en avais déformé sa véritable image…
Et puis je me suis souvenue qu’il y avait un second bar, au rez-de-chaussée, vers lequel je me suis donc dirigée.

Et là, j’ai eu cette impression que je n’avais connue qu’une fois auparavant, au collège : je l’ai aperçu juste une fraction de seconde et ma vision sur le monde a changé, il n’y avait plus rien. Il n’y avait plus que lui, accoudé nonchalamment à ce bar. Lui ne m’avait pas vu, mais mon cœur s’est arrêté et j’ai terminé mon trajet vers lui dans un brouillard de couleur, lui seul était net dans mon champ de vision… Je ne sais pas comment vous décrire plus précisément cette sensation, c’est juste que… il n’y avait plus que lui !
Après quelques verres nous sommes allés voir la tour Eiffel et 7 heures plus tard, nous partagions la matinée sur les falaises normandes…

Jusqu’ici nous n’avions fait que parler, rien ne prouvait que je l’intéressais à ce point, rien ne me prédestinait non plus à tomber si amoureuse. Nous étions très différents sur plusieurs points : lui casanier, introverti et peu sûr de lui malgré cette apparence parfaite (Vous avez vu « Requiem for a dream » ? Le sosie de Jared…) moi curieuse et franche, rentre dedans et physiquement pas décomplexée (hier moins qu’aujourd’hui).

C’est en rentrant sur Paris, dans les bouchons qu’il a pris ma main. Maladroitement.
C’est en se sauvant à une soirée qu’il m’a embrassé. Parfaitement.

Les choses ensuite se sont accélérées tout naturellement. On a passé du temps ensemble, on a essayé de se découvrir, j’ai appris à subir le regard des autres (je sentais qu’ils ne nous trouvaient pas assortis, particulièrement les femmes), il a appris à composer avec une vraie relation (moins de soirées, et pas de roulage de pelles aux inconnues dans ces mêmes soirées).

Je l’aimais.
Il m’aimait.

Mais forcément il y avait un « mais ». Ça a commencé avec ces soirées justement. Je n’arrivais pas à comprendre cette passion qu’il avait pour l’électro, et son besoin d’aller en concert 3 fois par semaine ! Alors petit à petit, j’ai tenté de le brider, de le faire changer.
J’ai voulu le transformer

De son côté, sa volonté de me faire différente était plus subtile, mais existait néanmoins. De par ce côté complexé et timide, il avait du mal à « encaisser » ma grande gueule, et supportait peu ma façon de dire les choses, ma façon d’être franche, en particulier quand il s’agissait de sexe.
Son blocage est venu de là, et petit à petit nous n’avions plus aucune relation sexuelle… Nous en avions envie (enfin moi c’est sûr) mais l’érection avait disparu… Pour toujours avec moi !

J’ai alors passé un temps fou à me demander ce que j’avais bien pu faire, ce que je pourrais bien faire pour l’aider. Je l’ai même encouragé à essayer avec quelqu’un d’autre pour voir…

Inutile de vous dire qu’alors notre relation auparavant si fusionnelle devenait invivable, étouffante, insupportable. Le seul moyen de libérer la pression, d’étouffer une tension, ne nous était plus possible… Chaque dispute devenait apocalyptique… Et pour un détail, pour une histoire de sel, nous en venions à nous abandonner l’un l’autre sur un trottoir inconnu…
On se le disait en souriant amèrement parfois : « quand on s’entend, et c’est rare, qu’est-ce qu’on s’entend bien ! »

Parce que oui, finalement… Putain c’était lui qu’il me fallait, et moi j’étais celle qui lui fallait… Mais en différents.

Nous n’avions jamais songé à nous séparer. Nous essayions de changer. Il n’allait plus en concert, je ne parlais plus de ce qui me dérangeait, nous fanions, nous avions créé des monstres

Et puis un jour, il a voulu arrêter. Il a pris la décision de me quitter. Il voulait que nous restions amis, je ne suis pas comme ça, j’ai coupé les ponts, nous avons beaucoup souffert. Fallait juste en finir un bon coup, il avait raison, comme pour un putain de sparadrap.

Donc voilà, en ce moment c’est la période, ça fait 4 ans…

Je n’ai aucune nouvelle, je n’en veux pas, de l’eau a passé sous les ponts, des hommes aussi (une bonne trentaine quand même).

Mais j’ai du mal à me convaincre tous les jours que c’était pas lui qu’il me fallait, que c’était pas moi qui lui fallait…

Ces jours là sont plus durs que les autres, c’est tout.
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Published by Agoaye

Dans un univers parfait, Agoaye aurait Hugh Jackman pour boyfriend, un budget informatique/nouvelles technologies illimité et une carte haute-fidélité chez Lush... Dans notre monde, la réalité est bien différente !

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