Quand je marche dans la rue.


Ma vie de citadine pressée / jeudi, septembre 11th, 2014

seineL’Agoaye n’est pas de celles qui marchent dans la rue, ni de celles qui marchent tout court d’ailleurs…

Ce n’est que depuis qu’elle habite en face d’une boulangerie qu’elle mange du pain, sinon avant c’était trop pénible de planifier la tâche « passer prendre du pain »… Bref, dans la famille partisan du moindre effort, je demande la fille !

Y’a quelques années, j’en avais pourtant fait des randonnées, motivée par une carotte gigantesque agitée par Môm : « Après on ira au resto », ou encore « Je réfléchirai pour te l’offrir ce jeu vidéo », mais forcément je n’y allais pas par plaisir, je me trainais et je maugréais allègrement.

Au bout d’un certain moment, j’avais la désagréable impression que tout mon liquide synovial s’était fait la malle et que mes articulations frottaient impitoyablement les unes contre les autres. Bon, ce n’était évidemment qu’une impression… Je vous ai déjà dit que je somatisais un max ?

Ma parade c’était la fuite. Non, pas en courant, pensez-vous… Déjà que marcher c’est ultra-chiant, alors courir c’est même pas la peine d’y penser !! Nan je fuyais mentalement… Je m’imaginais que j’étais un gros percheron et que j’étais exploité par des paysans peu scrupuleux… voilà… Oui vous pouvez vous moquer.

 

Mais depuis la rentrée des classes, je me trouve confrontée à un obstacle assez conséquent : un pont fermé ! Je vous explique : je suis rive droite, je dois me rendre rive gauche (ou le contraire, je ne sais jamais dans quel sens coule la flotte) mais une seule voie est ouverte à la circulation automobile, et évidemment c’est pas la mienne (l’univers entier est contre moi la plupart du temps).
Pour me rendre sur mon lieu de travail situé à 5km de la maison, je dois donc emprunter un autre pont, situé à 20km de ma maison et de mon travail, je mets donc environ 1h50 pour faire cette maudite boucle en comptant les bouchons. Joie ultime.

J’ai donc essayé un jour de faire ce que ma religion m’interdit habituellement : marcher ! Ou plutôt traverser le pont en marchant afin de retrouver ma chère et tendre voiture, abandonnée stratégiquement la veille sur l’autre rive.

Le verdict est sans appel : 21 minutes porte à porte en marchant tranquilou.

C’est donc aussi convaincue que dépitée que j’ai décidé d’aller au travail tous les matins à pieds pendant 50% du trajet.

Voilà une semaine que je tiens le rythme. Pour le moment tout va encore bien. Je ne me suis pas encore fait violer dans un coin sombre (dommage), je n’ai pas encore régurgité mon jus de riz du matin à cause de l’odeur d’urine sur le chemin, je n’ai vu que 2 pigeons écrasés, que 4 flaques de vomi et que 8 jeunes sous meth…
Je ne me suis pas non plus fait lourdement draguer par un polygame quinquagénaire alors que les probabilités sont ultimement élevées (je plais beaucoup aux africains : hanches larges et taille marquée, c’est le pied ultime dans leur culture). Il faut dire que je sors tous les matins mon panel d’armes de destruction massive : la gueule du pit-bull mal réveillé couplé avec les écouteurs de l’ipod qui hurlent du « Highway to hell » ou de l’ « antisocial », ça encourage pas vraiment à engager la conversation.

Mais parfois le masque tombe. Parfois je me moque d’un pigeon qui s’ébouriffe pour faire la cour à une femelle qui s’en branle, parfois je suis émerveillée par le lever de soleil sur la seine, parfois même je suis juste super enthousiaste à l’idée de retrouver mes petits élèves qui essayeront de me dessiner des rosaces multicolores et des portraits de moi en blonde aux cheveux longs…

Alors ouais, si c’est pour aller bosser, alors je marche !

 

Et vous, vous marchez comment ?

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18 réponses à « Quand je marche dans la rue. »

  1. J’aime bien marcher au petit matin moi ^^ Ma ballade de 30 minutes chaque matin au château me manque, maintenant j’ai juste la moitié mais le double de train. Par contre quand il pleut j’avoue que dans ce cas moins je marche mieux c’est :P

    1. Oui je me souviens que tu m’en avais parlé, et que c’était l’un des inconvénients majeurs de ton déménagement ! En même temps nous ne marchons pas dans les mêmes horizons très chère :))

  2. J’aime beaucoup marcher, surtout le matin, quand la ville dort encore. Pour aller au bureau, je l’ai fait pendant des années. Je devrai m’y remettre, 50% du chemin c’est un bon compromis!

  3. La boulangerie, les 5 km te séparant de ton école, le pipi d’eau sur ton trajet domicile-lieu de travail, le pont actuellement fermé à proximité de ton nid, l’autre pont à 20 km, le lever de soleil sur la Seine permettant de calculer approximativement l’orientation du fleuve à l’endroit où tu l’enjambes…
    Tu nous fais marcher là… t’es pas le genre à donner des détails susceptibles de porter atteinte à ton anonymat géographique…

  4. […] C’est vrai que c’est possible… Si jamais j’envisageais de craquer pour un sans papier édenté, pour un polygame Camerounais, pour un toxico en manque ou pour un retraité pied-noir fraîchement veuf, alors j’ai quelques chances de rencontrer l’homme de ma vie dans la rue. Je vous rappelle où j’habite ? […]

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