Quand je marche dans la rue.

seineL’Agoaye n’est pas de celles qui marchent dans la rue, ni de celles qui marchent tout court d’ailleurs…

Ce n’est que depuis qu’elle habite en face d’une boulangerie qu’elle mange du pain, sinon avant c’était trop pénible de planifier la tâche « passer prendre du pain »… Bref, dans la famille partisan du moindre effort, je demande la fille !

Y’a quelques années, j’en avais pourtant fait des randonnées, motivée par une carotte gigantesque agitée par Môm : « Après on ira au resto », ou encore « Je réfléchirai pour te l’offrir ce jeu vidéo », mais forcément je n’y allais pas par plaisir, je me trainais et je maugréais allègrement.

Au bout d’un certain moment, j’avais la désagréable impression que tout mon liquide synovial s’était fait la malle et que mes articulations frottaient impitoyablement les unes contre les autres. Bon, ce n’était évidemment qu’une impression… Je vous ai déjà dit que je somatisais un max ?

Ma parade c’était la fuite. Non, pas en courant, pensez-vous… Déjà que marcher c’est ultra-chiant, alors courir c’est même pas la peine d’y penser !! Nan je fuyais mentalement… Je m’imaginais que j’étais un gros percheron et que j’étais exploité par des paysans peu scrupuleux… voilà… Oui vous pouvez vous moquer.

 

Mais depuis la rentrée des classes, je me trouve confrontée à un obstacle assez conséquent : un pont fermé ! Je vous explique : je suis rive droite, je dois me rendre rive gauche (ou le contraire, je ne sais jamais dans quel sens coule la flotte) mais une seule voie est ouverte à la circulation automobile, et évidemment c’est pas la mienne (l’univers entier est contre moi la plupart du temps).
Pour me rendre sur mon lieu de travail situé à 5km de la maison, je dois donc emprunter un autre pont, situé à 20km de ma maison et de mon travail, je mets donc environ 1h50 pour faire cette maudite boucle en comptant les bouchons. Joie ultime.

J’ai donc essayé un jour de faire ce que ma religion m’interdit habituellement : marcher ! Ou plutôt traverser le pont en marchant afin de retrouver ma chère et tendre voiture, abandonnée stratégiquement la veille sur l’autre rive.

Le verdict est sans appel : 21 minutes porte à porte en marchant tranquilou.

C’est donc aussi convaincue que dépitée que j’ai décidé d’aller au travail tous les matins à pieds pendant 50% du trajet.

Voilà une semaine que je tiens le rythme. Pour le moment tout va encore bien. Je ne me suis pas encore fait violer dans un coin sombre (dommage), je n’ai pas encore régurgité mon jus de riz du matin à cause de l’odeur d’urine sur le chemin, je n’ai vu que 2 pigeons écrasés, que 4 flaques de vomi et que 8 jeunes sous meth…
Je ne me suis pas non plus fait lourdement draguer par un polygame quinquagénaire alors que les probabilités sont ultimement élevées (je plais beaucoup aux africains : hanches larges et taille marquée, c’est le pied ultime dans leur culture). Il faut dire que je sors tous les matins mon panel d’armes de destruction massive : la gueule du pit-bull mal réveillé couplé avec les écouteurs de l’ipod qui hurlent du « Highway to hell » ou de l’ « antisocial », ça encourage pas vraiment à engager la conversation.

Mais parfois le masque tombe. Parfois je me moque d’un pigeon qui s’ébouriffe pour faire la cour à une femelle qui s’en branle, parfois je suis émerveillée par le lever de soleil sur la seine, parfois même je suis juste super enthousiaste à l’idée de retrouver mes petits élèves qui essayeront de me dessiner des rosaces multicolores et des portraits de moi en blonde aux cheveux longs…

Alors ouais, si c’est pour aller bosser, alors je marche !

 

Et vous, vous marchez comment ?

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Published by Agoaye

Dans un univers parfait, Agoaye aurait Hugh Jackman pour boyfriend, un budget informatique/nouvelles technologies illimité et une carte haute-fidélité chez Lush…
Dans notre monde, la réalité est bien différente !

18 Comments

  • Ragnagna

    11 septembre 2014 at 7 h 59 min Répondre

    J’aime bien marcher au petit matin moi ^^ Ma ballade de 30 minutes chaque matin au château me manque, maintenant j’ai juste la moitié mais le double de train. Par contre quand il pleut j’avoue que dans ce cas moins je marche mieux c’est :P

    • Agoaye

      11 septembre 2014 at 17 h 40 min Répondre

      Oui je me souviens que tu m’en avais parlé, et que c’était l’un des inconvénients majeurs de ton déménagement ! En même temps nous ne marchons pas dans les mêmes horizons très chère :))

  • Marie Kléber

    11 septembre 2014 at 12 h 39 min Répondre

    J’aime beaucoup marcher, surtout le matin, quand la ville dort encore. Pour aller au bureau, je l’ai fait pendant des années. Je devrai m’y remettre, 50% du chemin c’est un bon compromis!

    • Agoaye

      11 septembre 2014 at 17 h 41 min Répondre

      Même si la ville est toute pourrie ?

      • Marie Kléber

        12 septembre 2014 at 9 h 33 min Répondre

        Oui! J’aime bien m’aventurer dans les endroits un peu glauques…On y fait de belles découvertes (mais des rencontres un peu moins sympa aussi)

  • Wuagift

    11 septembre 2014 at 17 h 42 min Répondre

    La boulangerie, les 5 km te séparant de ton école, le pipi d’eau sur ton trajet domicile-lieu de travail, le pont actuellement fermé à proximité de ton nid, l’autre pont à 20 km, le lever de soleil sur la Seine permettant de calculer approximativement l’orientation du fleuve à l’endroit où tu l’enjambes…
    Tu nous fais marcher là… t’es pas le genre à donner des détails susceptibles de porter atteinte à ton anonymat géographique…

    • Agoaye

      11 septembre 2014 at 17 h 56 min Répondre

      J’ai pas dit sur quelle rive le soleil se lève….

      Nan mais tu as vu… Je vis de plus en plus dangereusement :)

  • g34k

    14 septembre 2014 at 16 h 09 min Répondre

    quand je bosse (demain donc…) environ 1h par jours et en vacances encore plus, surtout quand le paysage vaut le coup !

    • Agoaye

      14 septembre 2014 at 21 h 01 min Répondre

      Oups, alors c’est là que je dois te souhaiter un bon courage :)

      • G33k

        15 septembre 2014 at 10 h 45 min Répondre

        pour l’instant c’est top, je raconte encore et encore la même chose du coup, j’y suis encore… un peu… :-)

        • Agoaye

          15 septembre 2014 at 20 h 20 min Répondre

          En tous cas ça a l’air d’avoir été génial !

  • […] ou « enfoiré de sa mère » (et en particulier au volant quand même… Depuis que je marche je parle […]

  • […] nos boulots et nos occupations. Les choses se sont goupillées tellement mal (cette histoire de ne pas avoir ma voiture les jours de semaine n’arrange pas vraiment ma vie sociale, et mon ami ne conduit pas) que […]

  • […] ce moment, j’en vois des masses des boulets de ce genre. J’vous avais dit que ma route pour le boulot était en travaux. Ben certains ne l’ont toujours pas compris […]

  • Je ne rencontre personne. | Blog Agoaye

    25 février 2015 at 12 h 20 min Répondre

    […] C’est vrai que c’est possible… Si jamais j’envisageais de craquer pour un sans papier édenté, pour un polygame Camerounais, pour un toxico en manque ou pour un retraité pied-noir fraîchement veuf, alors j’ai quelques chances de rencontrer l’homme de ma vie dans la rue. Je vous rappelle où j’habite ? […]

  • […] par mon éducation maternelle, par mon éducation scolaire, par mes expériences passées, par la vie citadine, et même par le fait de vivre […]

  • […] il est maintenant de notoriété publique que je suis une piètre sportive, il est tout naturel que je place ce point en dernier (cette liste est croissante, et part du point […]

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