Que pourrais-je te dire ?


Ma vie d'associale / jeudi, janvier 28th, 2016

sirèneConnais-tu les sirènes ?

Moi oui, je vais te raconter…

Il était une fois une créature magique. Pleine de charmes et de talents qui trompait son ennui jour après jour en s’adonnant à ses activités préférées.
Penser, rêver, imaginer…

Imaginer qu’elle n’est pas si différente finalement.
Rêver que cette queue de poisson ne soit pas un si gros handicap.
Penser qu’un jour elle ne sera plus seule et pourra trouver ce que les êtres humains semblent avoir tant de facilité à créer : l’amour, l’amitié, des liens en somme !

Mais pour le moment, elle ne voit personne et elle ne parle qu’aux poissons. Elle regarde les eaux sombres du haut de son rocher et les trouve finalement de plus en plus tourmentées, un peu comme elle, sans trop savoir pourquoi.

Et puis un jour elle se décide à chanter un peu. Elle se dit que le silence lui pèse un peu trop, que les poissons l’ennuient.
Elle voudrait qu’on la voit, qu’on l’entende, qu’on l’accepte, qu’on fasse un tout petit peu plus attention à elle.
Elle voudrait faire les choses bien, elle essaye de les faire bien. Il n’y a aucune arrière pensée au travers de ses chants, juste une expression timide de sa détresse.

Ce qu’elle attendait arriva : certains humains trouvent son chant joli, et deviennent curieux.
Cette créature, ils en ont pourtant toujours eu peur, elle est si différente, elle est magique, elle est sorcière !
Il faut faire attention, tout le monde leur a toujours dit, et quand bien même ils n’auraient pas été prévenus, c’est inné de se méfier de la différence, c’est un instinct protecteur après tout.

Certains s’approchent donc, certains l’écoutent et certains même la trouvent fascinante.
Ils aiment ce qu’ils ressentent lorsqu’ils l’entendent, ils aiment leur reflet dans ses yeux, ils aiment l’amour qu’elle semble avoir à leur donner.
Mais ce n’est que l’amour qu’elle réclame qui transparaît, c’est un leurre.
Les plus forts peuvent tomber dans le piège, les plus faibles périront.

Car ce « il était une fois » n’est pas une histoire qui se termine bien. Pas du tout.

La sirène est maudite et n’a pas le droit d’être comptée parmi les mortels humains. Alors le pouvoir de son chant qui envoute et enchante a cette facette cachée d’empoisonner et de faire fuir.
Elle exerce malgré elle une fascination maléfique qui provoque une issue tragique. Toujours !
Et l’histoire se répète et c’est bien là le fil conducteur immuable et désespérant. Car la sirène essaye, souffre puis s’isole. Et dans l’éternité de sa grise solitude elle recommence à espérer puis essaye, souffre et s’isole encore.

Chaque personne qui osera l’approcher sera irrémédiablement forcé de fuir, de l’abandonner.
Par un moyen ou un autre, personne ne restera.
Jamais.

A la fois bourreau et victime, tel est le sort de la mythique sirène.
Sa passion la tue à petit feu en attirant puis détruisant.
Chaque échec est une nouvelle écharde plantée dans la membrane de son cœur, chaque tentative la rend de plus en plus faible.
Chaque fin est noyée par d’écumantes et impitoyables déferlantes.

Si je te raconte cette histoire aujourd’hui, c’est que la tempête fait rage. Les eaux bouillonnent plus noires que jamais.
Elles sont à chaque fois plus noires que jamais…
Si je te raconte cette histoire aujourd’hui, c’est que je porte cette malédiction en moi, tu sais bien pourquoi.
Et que je ne sais pas comment expliquer ce qui se passe autrement.

« Mon Cœur, pourquoi ces noirs présages?
Je suis triste à mourir.
Une histoire des anciens âges
Hante mon Souvenir. »


 

Ce billet fait partie du projet « Un défi ou un écrit » pour la 4ème semaine
Il participe à la partie écrite « Ceci est un message personnel ».
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26 réponses à « Que pourrais-je te dire ? »

  1. Putain je viens juste de découvrir ton article….Un ressenti par lequel je suis passée il n’y a pas si longtemps que ça…
    Je ne sais que te dire en dehors que je te souhaite de trouver comment rompre ce sortilège, trouver pourquoi ce schéma se répète encore et encore…
    Que tu puisses trouver comment sortir de cette spirale qui tente de te tirer vers le fond.
    Je t’envois plein de réconfort de free hugs en attendant c’est poa grand chose mais ça fait du bien dans les moments sombres
    Bisouss

  2. Tu n’est pas une sirènes, et non, tu n’est pas maudite et vouer à ne jamais connaitre amour ou amitié sincère et durable.
    Loin de là.
    Tu n’est juste pas tomber sur les bonnes personnes pour l’instant.
    Mieux vaut être seule que mal accompagnée, comme on dit.

    La solitude pèse, je le sais. Mais ton tour viendra, quand les gens sauront voir au-delà des apparences et se rendre compte de la fille incroyable qui se cache en toi.
    Si moi, à travers l’écran, j’ai pu le détecter, c’est que d’autres le peuvent.
    Ceux qui ne le font pas, ou ne se rendent pas compte du cadeau qu’est ton amitié ou ton amour sont des abrutis <3

    1. Je te remercie pour tes encouragements.
      Mais il y a un moment déjà que la résignation creuse son nid dans ma petite tête…
      Quant au mythe, je ne l’ai pas choisi par hasard. Malheureusement :/

  3. C’est dur de lire ça mais c’est encore plus dur de le vivre…
    Tu sais je crois qu’il n’y a pas de malédiction, ni de fatalité. Je me demande souvent si je suis apte au bonheur. Ce dont je suis sûre pourtant c’est qu’on peut tous trouver une voie qui nous convient et qui nous donnera de beaux moments à vivre. Tu le peux aussi, j’en suis certaine.
    Courage Agoaye !

    1. Si je parle de cette malédiction, c’est que j’en suis vraiment persuadée, et qu’il y a autre chose qui m’en persuade, un truc que je ne peux pas dire sur mon blog.
      Cependant je me permets de croire à des moments de répit parfois.
      Courage à toi aussi <3

  4. il faut avouer que tu as un talent pour l’écriture très prononcé, j’adore te lire
    ton message est sombre mais je sais que tu n’es pas, si les autres ne voient pas c’est qu’ils sont aveugles.
    l’avenir s’éclaircit toujours même si je sais que parfois cela prends du temps !!!<3 <3 <3 <3 <3

      1. De rien… On aimerait trouver de meilleurs mots, mais il n’y en a pas qui puissent apaiser ce type de souffrance. Mais faute de l’apaiser, ça fait toujours du bien de savoir qu’on n’est pas seul, j’imagine…

  5. Des mots très difficile à lire et à vivre…
    Il m’a fallu très très longtemps pour comprendre qu’il n’y a pas de fatalité… (enfin je crois l’avoir compris…) mais j’avoue que parfois je me repose tout de même la question…
    En faite j’j’apprends à vivre simplement un jour après l’autre…
    De tout coeur avec toi <3

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