Quid de la magie ?

Moi, j’étais une enfant émerveillée

Je trouvais de l’intérêt en n’importe quoi, je passais des heures au jardin, je devais m’occuper, je devais ne pas m’ennuyer et me servir pour ça de tout ce qui était à ma disposition : le ciel, les oiseaux, les brins d’herbe, les insectes… Tout ça m’émerveillait, tout ce petit monde était fascinant pour moi. Je m’inventais des histoires, me posais des questions et en inventais les réponses.
C’était magique !

Ensuite, c’est l’entrée dans la vie qui m’a émerveillée. Les gens en particulier… Je n’en avais pas croisé beaucoup en général et je me posais souvent de grandes questions. J’analysais leurs faits et gestes, me demandais pourquoi, me demandais comment, les inconnus étaient les plus fascinants !
Lors des rares fois où je prenais je métro, mon jeu favori était la spéculation sur les vies de certains passagers, j’essayais de réflechir à qui ils pouvaient être, comment ils pouvaient s’appeler, quelle sorte de métier ils pouvaient bien exercer. J’essayais également de faire des pourcentages : « qui dans cette rame avait déjà tué quelqu’un ? » était parmi toutes ma question préférée (oui je ne me suis jamais défendue d’avoir des passions morbides :))
C’était magique !

Parfois, certains samedis soirs, ma mère et moi allions chez sa sœur pour diner, c’était une vraie fête alors que finalement il s’agissait de soirées très tranquilles, destinées à tromper la solitude de ma tante, alors bloquée dans une relation sentimentale très compliquée. Môm amenait un couscous, ou faisait une fondue savoyarde sur place (mes souvenirs de bouffe sont les plus marquants), on partageait ce repas tous ensemble, parfois accompagnées d’un ou deux amis proches de la famille, puis on regardait un film.
Rien de fantastique, pas de petits plats dans les grands, rien d’extraordinaire, et pourtant ces soirées-là pour moi avaient un vrai gout de fantaisie et de liberté absolue.
Elles étaient magiques !

Que dire de Noël ? Bien évidemment, c’était une très grande fête aussi ! La fameuse et ultra connue magie de Noël a longtemps marché sur moi, même plus tard, même quand je n’y ai plus cru. Car bien sûr lorsque j’étais enfant il y avait les cadeaux, le passage du père noel qu’un jour j’ai prétendu avoir surpris par la fenêtre (mes théories abracadabrantes sur le fait qu’il puisse être en plusieurs endroits en même temps tenaient même plutôt bine la route d’après moi…) Mais plus tard il y avait encore malgré tout les paillettes, les sapins, les lumières, les décorations, les trucs qui brillent, les bonnes choses à manger…
Forcément c’était un soir de fête et c’était merveilleux ! Même combat pour le réveillon de la Saint-Sylvestre.

Mais je n’avais pas besoin de ces rendez-vous instaurés, la magie existait aussi lors des soirées au restaurant toutes simples, ce n’était pas si souvent et on se préparait des jours avant, on s’en faisait une joie, c’était très excitant pour moi.
Les diners à la maison, les occasions de rencontrer du monde, tout ce qui chamboulait le quotidien était empreint de magie et synonyme de moments agréables englobant même les préparatifs et l’organisation…

Je ne sais pas ce qui s’est passé… C’est pas si vieux que ça pourtant… Les bons souvenirs ne sont pas tous si lointains et ne remontent pas seulement à ma stricte enfance. Je me souviens de certains dans la dernière décennie encore

Je me souviens de mes 20 ans à la tour Montparnasse, le restaurant offert par mon copain, c’était magique !
Lors de mes 27 ans, un séjour en Belgique dans un hôtel de gnomes avec la neige, c’était magique !
Après mes 30 ans, pour la Saint-Valentin, juste un petit paquet Lush qui m’attendait devant ma porte alors que je n’attendais personne et surtout pas mon copain qui était à des kilomètres de là, c’était magique !
Le marché de Noël de Bruxelles, le petit camion de ti’punch pendant les nuits à 5 degrés… Pareil !

Où est passée la magie depuis ?

Où est passé mon trépignement en attendant un séjour, un resto, une occasion… Il n’existe plus dans ma vie, je n’ai plus ça, je suis blasée, je suis lasse, les choses arrivent et je les accueille mais je ne les attends plus, je ne suis plus impatiente…
J’ai perdu la magie !

Est-ce la faute de ma technique du « j’m’en foutisme » que j’applique le plus possible afin de me protéger des trop grandes désillusions qui risqueraient de me plonger dans le désespoir ?
Est-ce qu’à force de tout laisser glisser pour me protéger, je n’arrive même plus à retenir les belles choses, les jolies échéances ?
Suis-je devenue lisse, imperméable au monde, insensible à ma propre vie ?

Où est-elle cette magie ? Est-ce que je la retrouverai un jour ou bien ai-je déjà trop sombré ?
Est-elle inhérente à ce qu’on appelle « l’âme d’enfant » que je pensais ne jamais perdre (et que je conserve encore par certains côtés malgré tout) mais qui m’aurait échappé en grande partie ?

Le constat est pénible à accepter, et les questions restent posées.

 

Et vous, connaissez-vous encore la magie ?

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Published by Agoaye

Dans un univers parfait, Agoaye aurait Hugh Jackman pour boyfriend, un budget informatique/nouvelles technologies illimité et une carte haute-fidélité chez Lush... Dans notre monde, la réalité est bien différente !

4 Comments

  • Nath

    8 novembre 2017 at 20 h 06 min Répondre

    Moi je l’enthousiasme pour plein de petites choses . Le week end prochain je vais le passer à la campagne avec des potes . Rien d’extra ordinaire au programme mais je me réjouis. Il y a dix jour j’ai fait un petit restau Corse avec 2 amis très chers … nous avions fixé la date 15 jours avant et je piaffais d’impatience : rien d’autre qu’un moment à refaire le monde, à dire du mal ,à rire ensemble , et je savais que ce serait magique . Alors oui la magie est toujours là , je ne suis blasée de rien

  • Fabignou

    8 novembre 2017 at 21 h 12 min Répondre

    Je suis madame Optimiste, donc j’aurais tendance à te dire que oui, la magie va revenir. Peut-être qu’il faut un peu lui forcer la main au départ. J’ai des périodes où les gens me saoulent, dans ces cas-là je m’accroche encore plus que d’habitude aux détails du quotidien : la plante qui pousse dans un creux de mur, les couleurs des feuilles d’automne, la lumière du soir, la démarche ridicule d’un chien… De petites choses mais qui me font sourire, et au bout d’un temps plus ou moins long j’ai à nouveau de la tendresse pour les gens.

    PS : moi aussi j’adorais spéculer sur la vie des gens, j’adore toujours d’ailleurs, mon truc préféré c’est de me balader en ville la nuit et de voir les intérieurs allumés, imaginer des bouts de vie à partir de ça :)

  • Guillemette Allard-Bares

    8 novembre 2017 at 22 h 13 min Répondre

    Je pense que ce n’est peut-être qu’une phase difficile. Je connais un peu la même impression, mais perdre le goût de certaines choses et la faculté de s’émerveiller naturellement est caractéristique quand on traverse des difficultés émotionnelles. Ça ne veut pas dire que tout est fini…

  • Tartine douce

    9 novembre 2017 at 13 h 56 min Répondre

    Nous sommes tous des créateurs, des magiciens.
    Que créés tu ?
    Que penses tu ?
    Quelles idées partagés tu ?

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