Repas dominical vs foie – Round 1.

IMG_2699Alors je vous le dis tout net : j’hésite… Pour cet article j’ai deux pistes. Soit je vous parle du rapport à la nourriture très particulier de Môm (et ça sera un article marrant, parce que je l’adore mais qu’il y’a des moments où je m’inquiète quand même de savoir si toutes les névroses sont génétiques…), soit je vous parle de ce qui va se passer aujourd’hui dans Agoaye’s Môm’s house, à savoir le repas de Pâques (et ça sera un article encore plus marrant parce que des fois c’est même pas la peine d’inventer tant la réalité dépasse la fiction…)

Bon alors je serais bien tentée de faire un vote à main levée pour savoir ce que vous avez le plus envie de lire, mais par écrans interposés ça ne va pas être très pratique alors je choisis la dictature (m’enfin vous êtes habitués maintenant, ça fait 5 ans !) et je décide pour vous.

On va parler du problème de fond plus tard… Pour le moment, on va se pencher sur la journée qui se profile de par chez-moi.

Aujourd’hui c’est Pâques. Et Pâques chez les Agoyeux (c’est ma famille… Agoaye = Agoyeux, vous suivez ?) ça n’a rien de religieux, car rien n’est religieux par chez nous (Noël c’est pour les cadeaux et la bouffe, les anniversaires c’est pour les cadeaux et la bouffe, 15 août c’est pour la bouffe, Pâques c’est pour le chocolat et la bouffe, les baptêmes c’est pour les cadeaux et la bouffe, les mariages c’est pour la bouffe et la drague…) mais c’est donc l’occasion de réunir la famille autour de… de… ben ouais, de beaucoup de bouffe !

Alors je vous vois venir avec vos mines écœurés, mais je vous arrête tout net, « beaucoup » n’était pas exactement le terme que j’aurai dû employer, parce qu’il n’y a jamais trop de restes, il n’y a pas de quantités à profusion… Non, Môm a toujours choisi dans sa vie de miser plus sur la qualité que sur la quantité (la preuve : j’suis fille unique !).

Et les repas chez Môm sont toujours d’un raffinement et d’une finesse que tu ne trouves que chez Meneau (grand chef dont elle s’inspire largement).

Tu vois la vignette ? Ben c’est les gâteaux apéro home-made, et encore là c’est chiadé parce qu’elle a travaillé vendredi et qu’elle n’a pas pu donc passer plus de 2 jours de préparation en cuisine, et que pourtant c’est le minimum syndical…

Bref, aujourd’hui donc chez Agoaye’s Môm, nous allons bien manger (alors du coup j’me suis préparée psychologiquement -pantalon de jogging extensible, jeûne de 4 jours… et si Néo-div se pointe en comm et balance que j’ai bouffé des Kit-kat à toutes les récrés c’est FAUX, il ment ! d’toutes façons lui il bouffe des pop-corn en regardant ses gamins faire du sport alors…) et le plus important dans mon article c’est pas tant ce que nous allons manger (amuses-bouches, trios d’œuf en salade printanière, joues de bœuf caramélisées à la bière, granité, fromage, œufs à la neige, charlotte en nid de pâques et chocolats) mais avec qui nous allons manger !

Alors pendant longtemps, Môm n’a pas cessé d’inviter sa propre famille… Mère, sœur, oncle, conjoints de ceux-là, cousines, tantes…

Mais j’ai une grande gueule et il y a des moments où je ne peux pas m’empêcher de faire remarquer aux gens qu’ils faudrait mieux qu’ils balayent devant leur porte avant de venir faire chier ma mère (chez elle et en face du repas qu’elle avait préparé pour eux, non mais j’te jure !!)

Donc tout ce petit monde là a remballé les clics, les clacs, les propos racistes et homophobes, leur alcoolisme et leur condescendance et restent chez eux pour pâques comme des cons parce qu’à part Môm, il est évident que personne n’a l’idée saugrenue de les inviter !!

Alors du coup, Môm s’est naturellement rabattue sur la belle famille. Et c’est ce genre de faune là qui va venir profiter de la table festive aujourd’hui. Et dans la belle famille il y en a des corsés aussi…

Le patriarche sera là, c’est le chef de la famille mais il est néanmoins discret, et pour cause il est sourd comme un pot ! Et en plus il s’en fout… Il ne fait ni l’effort de tendre l’oreille, ni l’effort de lire sur tes lèvres, ni rien… Il s’en fout.

Lui ce qu’il veut c’est voir ses enfants, manger (tout sauf ce qui est vert – pratique pour les légumes, Môm s’en arrache les cheveux) et garder les papiers des paquets cadeaux, ça il kiffe !

Si vous tenez quand même à entendre le son de sa voix, vous le branchez sur n’importe quel modèle de moto et c’est parti pour une animation pédagogique sur le thème « mécanique et engrenages » !

La copine du patriarche sera avec lui, en bout de table (oui, parce qu’elle ne tient pas à côté de quelqu’un d’autre… elle dépasse…), essayant de combler le silence que son compagnon instaure et parlant donc incessamment, pas beaucoup non, mais lentement… C’est un peu la dame dont tu as envie de terminer les phrases tellement tu as l’impression de devoir rester des heures à écouter l’anecdote qui lui est arrivée chez le boucher la semaine dernière.

Mais par contre y’a des phrases que tu n’as pas envie qu’elle termine non plus, le genre de petites remarques vicieuses quand elle prend plaisir à appuyer là où ça fait mal… Je n’ai toujours pas compris pourquoi elle fait ça… Elle doit se faire chier je pense !

Suivant de près ces deux-là, il y a le beau-frère. Un beau-frère qui aurait pu être charmant s’il n’avait pas passé toute la première moitié de sa vie à se détruire… Drogue, alcool, petit banditisme, prison et tout le toutim forment le passé de cet homme-là.

Le présent est donc un peu gâché par la maladie, le vide, la réinsertion. Il est pas heureux ce pauvre homme, et même si tout le monde dit que s’il s’endort au milieu de plat principal c’est la faute des médicaments, moi j’suis sûre qu’en fin de compte c’est un bon moyen de fuir tout ce qu’il n’a pas choisi de vivre.

M’enfin, on parle geekeries lui et moi et ça égaye un peu ma journée.

Mais pas loin derrière il y a sa copine… Alors elle, ça fait déjà un moment qu’on se demande pourquoi elle est toujours là ! Rha mais la nana, sous ses airs de fausse meilleure copine aimable et charmante se cache une parisienne typique, jamais contente et qui a toujours quelque chose à dire sur tout.

De par son boulot (que je sais même pas ce que c’est et que je m’en fous d’ailleurs), elle est spécialisée dans les États-Unis, et donc à chaque fois qu’une discussion commence, tu peux parier ton rein que tu vas l’entendre dans les 4 secondes lancer un : « Eh ben aux États-Unis ça se passe comme si, comme ça, et c’est vachement mieux parce que…. »

Et toi t’as juste envie de dire « ta gueule » mais tu le fais pas (parce que si tu te fâches avec cette famille là aussi, Môm va plus avoir personne à inviter)

Après y’a l’oncle…. Alors lui je le kiffe, même s’il paraît que durant sa jeunesse c’était un sacré gros con, moi je trouve que maintenant il s’est bien rattrapé.

-ah, ça sonne… c’est lui justement, faut que je me dépêche de finir mon article…-

Avec cet oncle on peut parler informatique, et bidouillage matériel, et nouvelles technologies, je kiffe (ça change de la mécanique des motos du patriarche…). Bon ce que je kiffe moins c’est quand j’essaye de subrepticement dégager mon nez du trajet de son haleine mais qu’il ne comprend pas l’allusion et qu’il persiste à me parler toujours en face…

En tous cas il m’a vachement appris et il m’a bien souvent sortie de situations informatiques bien délicates, alors j’accepte qu’il m’asphyxie, c’est de bonne guerre !

Pas loin de lui y’a sa femme… C’est un p’tit bout de femme qui a l’air tellement fragile qu’on croirait qu’on peut la briser d’une simple pichenette. Et pourtant elle sort d’un combat assez terrible contre le cancer… Mais elle s’est est sortie, toujours aussi petite, toujours aussi fragile.

Bon, par contre, le combat qu’elle ne gagne jamais c’est celui d’attirer l’attention ! C’est le genre de femme qui commence une phrase mais qui ne peut jamais la finir parce que plus personne ne l’écoute au bout de 20 secondes. C’est dingue, je ne sais pas pourquoi ça se passe toujours à chaque fois de cette façon. En plus ce n’est pas intéressant ce qu’elle raconte (m’enfin pas plus inintéressant que la visite au boucher de la grosse lente du moins…)

Je rêverai qu’un jour cette femme bondisse sur ses petits pieds, en plein milieu du repas et qu’elle hurle d’un seul coup : « Mais vous allez me laisser finir ma phrase et m’écouter jusqu’au bout oui ? »

Ce jour-là je pense que j’applaudirai !

Allez, je vais prendre mon courage à deux mains et aller affronter tout ce petit monde… D’toutes façons, après 5 ou 6 verres ils deviennent tous super vivables, alors tout va bien :)

Et vous, avec qui vous mangez aujourd’hui ?
Rendez-vous sur Hellocoton !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Published by Agoaye

Dans un univers parfait, Agoaye aurait Hugh Jackman pour boyfriend, un budget informatique/nouvelles technologies illimité et une carte haute-fidélité chez Lush... Dans notre monde, la réalité est bien différente !

1 Comment

Post a Comment